Coïncidences

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« Le comportement des hommes politiques est suicidaire. » En faisant cette déclaration à propos des « affaires », voilà quelques jours, ce président d'un grand groupe qui tient à garder l'anonymat, ne croyait pas si bien dire. Le classement de l'affaire Tibéri par le parquet de Paris, quelques jours après que le juge Eric Halphen en ait été dessaisi pour cause de juridiction territorialement incompétente, provoque un tollé général à gauche et même de fortes réserves à droite. Des deux côtés, on juge difficile de ne pas voir dans cette succession d'affaires classées et de non-lieux le bras armé de l'Etat. Avant l'affaire Tibéri, c'est l'affaire Longuet, du nom de l'ancien ministre de l'Industrie démissionné, qui semblait s'orienter vers un non-lieu opportun. Opportun également celui de Guy Dejouany, l'ex-président de la Compagnie Générale des Eaux, la veille de l'assemblée générale où il annonçait son départ du groupe. Un non-lieu rapide et d'autant plus surprenant que le juge Jean- Michel Prêtre, qui avait instruit l'affaire des marchés publics de la Réunion, a été muté sous-préfet à Langres en juin. Ces affaires délicates ont eu du moins le mérite d'être instruites. On ne peut en dire autant au sujet des pratiques du conseil régional d'Ile-de-France qui, en dépit des révélations de Marie-Annick Tissot, n'ont pas ému outre mesure la justice. Elle risque de l'être encore moins à l'occasion des nouvelles nominations attendues pour juillet à des postes clés de la magistrature. Coïncidence historique : les postes de présidents de la Cour de cassation, de la cour d'appel et des tribunaux de Paris, de Versailles et de Lyon sont vacants pour cause de départs à la retraite. Le pouvoir exécutif en profitera-t-il pour mettre en place des magistrats plus sensibles à ses arguments ? S. S.

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