RADIO + Europe Régies saisit le Conseil de la concurrence contre IP et NRJ

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Europe Régies attaque de front NRJ et IP, la régie publicitaire de RTL, qui ont annoncé, le 14 mai, un accord commercial ponctuel. Le mois dernier, la filiale du groupe Europe 1 a en effet saisi le Conseil de la concurrence pour « entente » et « abus de position dominante ». Europe Régies n'en est pas à son premier coup d'essai. Elle s'était déjà manifestée, avec succès, lors de l'avant-dernière tentative de privatisation de RMC. Contre-offensive. Cette fois, il s'agit de s'opposer à la constitution d'un bloc leader sur son marché. IP, qui assure la régie publicitaire de RTL mais aussi de Fun Radio et de RTL 2, contrôle à elle seule 26,1 % du marché de l'audience. Avec la prise en compte des 11,3 % de NRJ Régies (NRJ, Chérie FM, Rire et Chansons), l'ensemble représente une part de l'audience de 37 %, loin devant les 21,1 % d'Europe Régies. Le différentiel, en terme du marché publicitaire de la radio, est beaucoup plus difficile à calculer. Si l'on se réfère aux données « brutes Sécodip », qui ne prennent pas en compte les « ristournes », l'écart entre les deux ensembles est beaucoup plus important : 54 % contre 34 %. Reste à connaître le différentiel à partir des prix réellement pratiqués. Ce sera le travail du rapporteur général mandaté par le Conseil de la concurrence. En menant cette contre-offensive, Europe Régies souhaite à tout prix maintenir l'équilibre actuel. Ses responsables n'ont apparemment pas été attendris par le discours pacifique corporatiste d'Alain Weill, directeur général de NRJ. Pour justifier le lancement de Bikini, le couplage publicitaire estival de NRJ Régies et IP Radio, il indiquait le 14 mai : « Nous voulons tenter d'attirer des annonceurs qui, en été, préfèrent investir dans la télévision. » Et d'ajouter : « La radio représente en France 7 % du marché publicitaire. Sa part est de 13 % aux Etats-Unis. Au-delà de la concurrence normale, il y a l'intérêt du métier. » Offre homogène.Malgré le front unitaire qui s'est créé entre les principaux opérateurs, face au CSA et l'ancien gouvernement pour revendiquer des fréquences supplémentaires, la concurrence est plus âpre que jamais. En outre, la réaction d'Europe Régies est à double détente. Il s'agit en effet d'éviter de perdre les accords de régies qui unissent les radios du groupe Europe 1 et celles de Radio Monte-Carlo (RMC, Nostalgie, Radio Montmartre) via EuroGem au profit de IP. Les responsables du groupe monégasque renégocient en effet ces accords pour tenter de créer une offre homogène avec Sud Radio, qui vient de fusionner avec RMC. Or, Sud Radio et son réseau régional Witt FM sont commercialisés avec IP. Les rivalités commerciales sont d'autant plus exacerbées, qu'elles s'inscrivent dans le cadre de stratégies de conquête de parts de marché. Thierry Del Jésus

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