MAINTENANCE INFORMATIQUE + Les salariés de Thomainfor craignent un nouveau plan social

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L'ambiance n'était pas vraiment à l'optimisme hier après-midi parmi les 300 salariés de Thomainfor venus manifester devant le siège de Thomson-CSF, boulevard Haussmann à Paris. La délégation reçue par les dirigeants est repartie sans avoir obtenu la moindre assurance quant à une éventuelle réintégration de Thomainfor dans le giron du groupe Thomson-CSF, ni de précisions sur le plan de redressement à l'étude. « La situation n'a pratiquement pas bougé. Nous n'avons reçu aucune garantie de la reprise de la société avec l'ensemble de ses salariés. Les dirigeants doivent rencontrer l'administrateur judiciaire avant de prendre une décision. Tout le monde est très déçu », expliquait hier Patrick Guenver, délégué syndical CFDT. Pour sa part, la direction du groupe Thomson s'est refusée à tout commentaire quant à la teneur de cette rencontre. Lors d'une assemblée générale qui se déroulait en début de soirée au siège de Thomainfor, à Vélizy dans la banlieue parisienne, les salariés envisageaient de se mettre en grève. La plupart d'entre eux craignent qu'un nouveau plan social et donc des licenciements secs - ce serait le quatrième vécu par cette société spécialisée dans les services et la maintenance informatique - ne lui soient imposés soit par l'administrateur judiciaire nommé par le tribunal de commerce de Versailles en fin de semaine dernière, soit par le nouveau repreneur dans le cas où l'entreprise serait rachetée. L'administrateur judiciaire chargé du dossier et d'une « mission de représentation », le cabinet Laureau-Jeannerot à Versailles, était injoignable hier dans l'après-midi. Didier Lombard, directeur de la stratégie industrielle et représentant de la tutelle au conseil d'administration de Thomson, doit recevoir une délégation des salariés ce mercredi : « Nous lui avons remis toutes les données mais le dossier leur semble très complexe », estime Patrick Guenver. « Mais il y a urgence », souligne Marcel Rossary, président de la commission économique du CE de Thomainfor et élu au conseil d'administration. Pour lui, il s'agit « de ne pas perdre le fonds de commerce composé pour une bonne part de grands comptes : Cnes, Eurocopter, Aerospatiale, Cnet...». Quoi qu'il en soit, l'intersyndicale (CGT-CFDT- FO-CFE. CGC) n'a pas l'intention d'en rester là et prévoit désormais des actions plus « radicales et médiatiques ». Elle attend aujourd'hui notamment un soutien des salariés de l'usine Thomson d'Angers, tandis que le blocage de certains sites de Thomainfor en France est envisagé. Un marché difficile. « Qui est responsable de la situation actuelle, Thomson ou LGS ? » Cette question posée jeudi dernier par le juge du tribunal de commerce de Versailles à l'issue des auditions est aujourd'hui lourde de sens. Comment expliquer en effet qu'un peu plus de quatre mois après avoir été cédé - pour une somme dérisoire - par décret sous le gouvernement Juppé à Libra Global Services, holding américain réunissant plusieurs sociétés de services informatiques, Thomainfor et ses 1.300 salariés se retrouvent en redressement judiciaire ? Certes la société évolue sur un marché difficile. Le chiffre d'affaires de 1,2 milliard de francs réalisé en 1992 a depuis été divisé par deux. En quatre ans, le marché a profondément évolué. « A l'origine, la base de Thomainfor était un marché captif autour de la maintenance de machines d'origine Thomson. Aujourd'hui la gestion de parc micros et réseaux n'a plus rien à voir », rappelle une analyste. Résultat : le coût de revient de la prestation par rapport au micro-ordinateur a beaucoup changé et le groupe spécialisé dans la maintenance se trouve précisément confronté à des machines beaucoup plus fiables. Gilles Musi

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