Le suisse Klaus Jacobs reprend Cacao Barry

Après les retraits de l'ivoirien François Bakou, du groupe franco-sénégalais Mimran et du négociant américain Cargill, Saint Louis a jeté l'éponge à son tour. Le discret groupe suisse Klaus Jacobs, ancien propriétaire de Jacobs Suchard, a donc eu raison de l'ensemble des candidats à la reprise de Cacao Barry, deuxième transformateur mondial de cacao, mis en vente en juin dernier par la SCI (Société Centrale d'Investissements). Le montant de la transaction porte sur 2 milliards de francs. Les dirigeants de la SCI (société centrale d'investissements), société holding contrôlée à parité par la famille Vernes et Montedison (respectivement 30,78 % et 30,66 %), avaient en effet déclaré qu'ils ne voulaient pas brader Cacao Barry. En 1995, la société spécialisée dans la transformation de chocolat a réalisé un chiffre d'affaires de 3,6 milliards de francs pour un résultat net après impôt de 120 millions de francs. Une rentabilité nette supérieure à 3 % qui faisait de la société l'une des rares participations rentables de la SCI. Des profits bienvenus. En effet, le dernier exercice de la SCI s'est soldé par une perte consolidée de 1,38 milliard de francs due pour l'essentiel à la provision passée sur la participation détenue dans la Navigation Mixte suite à sa cession à Paribas. Néanmoins, sur trois ans, le déficit cumulé de la SCI atteint 2,6 milliards de francs, tandis que les fonds propres ont été durant la même période divisés par deux, à 2,4 milliards de francs. Les pouvoirs publics auraient aimé un repreneur français La reprise par Klaus Jacobs de Cacao Barry met un terme à la logique des filières franco-africaines telles qu'elles existaient ces trente dernières années. Avec ses deux unités en Côte d'Ivoire, Cacao Barry est attirant. Car d'ici à cinq ans, 60 à 70 % de la production mondiale de cacao seront concentrés dans un environnement englobant la Côte d'Ivoire, le Ghana et le Nigeria. Même si l'ivoirien François Bakou s'est vu écarté du dossier, il ne perd pas tout puisqu'il est l'un des principaux fournisseurs de Klaus Jacobs via des contrats spéciaux. Dossier politique au même titre que celui de la filière sucre, Cacao Barry a fait l'objet d'attentions particulières de la part de pouvoirs publics qui auraient bien aimé voir un groupe français reprendre la société. Saint Louis a longtemps fait figure de favori, d'autant que de nombreux responsables de sa filiale, la Générale Sucrière, étaient auparavant chez Sucden, propriétaire de Cacao Barry avant que la SCI ne reprenne la société en 1991. Mais il semble que le prix, que certains n'ont pas hésité à qualifier de surévalué, ait finalement repoussé tous les acquéreurs potentiels. Klaus Jacobs, ancien propriétaire de Jacobs Suchard, qui contrôle le chocolatier belge Van Houten et le numéro un européen de la couverture à base de chocolat, l'allemand Callebaut, était depuis un an confronté à une guerre des prix très sévère de la part de Cacao Barry. En reprenant cette dernière société, il met un terme à cette bagarre. Par ailleurs, les avocats du groupe zurichois pour mettre tous les atouts de son côté se sont penchés sur l'attitude de Bruxelles devant cette opération, et notamment sur un hypothétique veto pour position dominante. Réponse des experts : Bruxelles ne devrait pas s'opposer à la prise de contrôle. N. T.

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