Perquisitions chez Bidermann

Alors que Loïk Le Floch-Prigent organise sa défense (voir La Tribune datée du 3 janvier 1996) dans le cadre de l'affaire Bidermann, le juge d'instruction Eva Joly poursuit son enquête. Le 21 décembre, soit un jour après que l'ancien PDG d'Elf Aquitaine a décidé de justifier son action dans une lettre adressée à ses cadres, la brigade financière a opéré, à l'initiative du juge parisien, une série de perquisitions au domicile de Maurice Bidermann ainsi qu'au siège de Bidermann SA, Bidermann International et de la société SA Etudes et Participations Industrielles et Commerciales. Des documents auraient été saisis qui devraient être versés au dossier. Une information judiciaire a en effet été ouverte après la transmission en juillet 1994 d'un rapport de la Commission des opérations de Bourse sur les soutiens apportés par l'ancien président d'Elf Aquitaine à Maurice Bidermann et à ses différentes sociétés. De son côté, Philippe Jaffré, le successeur de Loïk Le Floch-Prigent à la tête d'Elf, avait déposé en juin une plainte contre X avec constitution de partie civile. Les documents saisis au domicile de Maurice Bidermann et de ses sociétés sont-ils déterminants pour l'enquête en cours comme le journal Le Monde l'affirme dans son édition datée du 4 janvier ? On indiquait hier de sources proches de la chancellerie que les perquisitions du 21 décembre ne devraient pas apporter d'élément fondamental pour l'enquête. Par ailleurs, selon des témoignages venus d'outre-Atlantique, Loïk Le Floch-Prigent aurait bénéficié personnellement des « largesses » de Maurice Bidermann, largesses estimées à 2,5 millions de francs. Mais ces mêmes sources judiciaires relativisaient hier la portée de ces témoignages. L'ex-président d'Elf, quant à lui, n'a toujours par été entendu par le juge Eva Joly, confirmait hier son avocat Me Olivier Mentzer, ajoutant qu'il se tenait « à la disposition de la justice ». Le nouveau président de la SNCF, qui est directement mis en cause dans le cadre de l'affaire Bidermann par le rapport de la COB et par un récent rapport de la Cour des comptes n'a en effet été à ce jour entendu ni par l'autorité boursière, ni par les juges de la rue Cambon. La Cour des comptes estime que l'engagement d'Elf dans Bidermann a coûté, en termes de pertes, 787 millions de francs à la compagnie pétrolière entre avril 1990 et fin 1993, date à laquelle « l'ensemble des titres et créances du groupe Elf sur Bidermann sont entièrement cédés à des sociétés anglo-normandes » pour la somme de zéro franc. « Le groupe Elf », conclut le rapport de la COB, « s'est engagé avec de nombreux investisseurs institutionnels français dans le soutien à un groupe textile français. Cette décision a sans doute été marquée par l'engagement personnel du président du groupe et par la conception qu'il avait de son rôle dans le sauvetage et le développement de l'industrie française ». E. R.

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