Saint Louis privilégie ses métiers de base

« La Tribune ». - Pourquoi renoncez-vous à Cacao Barry ? Daniel Melin. - Nous avons décidé ce matin, et après une étude approfondie menée pendant plusieurs semaines, de ne pas donner suite à la proposition qui nous a été faite d'acquérir. C'est une activité intéressante, mais trop éloignée de ce que nous savons faire. Saint Louis développe une stratégie industrielle tournée vers l'aval et non vers l'amont. Or Cacao Barry est une société qui possède de nombreuses qualités, mais, pour nous, elle est trop orientée vers l'amont, de la fève de cacao vers le négoce et la torréfaction. Et trop concentrée en Afrique. Nous n'avons pas l'expérience de ce métier, qui est trop loin de nos bases. Cette décision de ne pas donner suite reflète et révèle la stratégie que je veux développer, à savoir investir dans les métiers que nous connaissons et où nous apportons une valeur ajoutée. Le prix n'a-t-il pas été plutôt un élément déterminant de ce refus ? Non, le prix n'est pas l'élément clé de notre décision. Cette décision est, je vous le répète, uniquement fondée sur la stratégie que je veux mener. Quelle est donc cette stratégie ? Saint Louis se comporte en groupe industriel et non pas comme un groupe financier. Il agit en fonction d'une stratégie et non d'opportunité. Ma mission et celle de mes collaborateurs est de développer le groupe dans ses métiers et dans les activités connexes. Nous sommes attentifs à tout ce qui peut renforcer le groupe. C'est ainsi que nous avons réalisé, depuis le début de l'année, plusieurs opérations dans le sucre, en Espagne avec Azucarera et en France avec la CFS. Cette dernière opération n'était pas évidente compte tenu du droit de préemption dont disposait notre concurrent Eridania Béghin Say. Dans le papier, nous avons beaucoup investi l'an dernier. Il y a encore matière à travailler, notamment pour améliorer la productivité des affaires européennes. Avant de penser à nouveau à de la croissance externe dans le papier, nous avons un important travail de restructuration à réaliser. Il est très rare de voir un grou-pe qui renonce à une opération de croissance externe faire un communiqué pour annoncer sa décision. Pourquoi l'avoir fait ? Il faut respecter les actionnaires qui nous confient leur argent. On leur doit l'information la plus précise possible. Notre devoir de dirigeant est de faire en sorte que l'outil industriel du groupe soit valorisé au mieux pour en faire bénéficier les actionnaires. Cela n'aurait pas été le cas avec la reprise de Cacao Barry. PROPOS RECUEILLIS PAR NICOLE TRIOULEYRE

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