MUNITIONS + La SNPE étudie la mise en Bourse de sa filiale chasse

L'ex-Direction des poudres du ministère français de la Défense, devenue Société nationale des poudres et explosifs et aujourd'hui groupe SNPE, efface sa culture étatique. Pour preuve, ses dirigeants réfléchissent à l'éventuelle mise en Bourse de la filiale « chasse », Nobel Sport. Celle-ci, avec 500 salariés et 400 millions de francs de chiffre d'affaires (avec une petite marge), est leader sur son marché en Europe et distribue en France, outre les cartouches issues des poudres SNPE - notamment celles au nom frappant, Tunet -, les prestigieuses armes italiennes Beretta et Fabarm ou les finlandaises Sako et Tikka (groupe Valmet). Selon le PDG de Nobel Sport, Philippe Schleicher, ce projet d'introduction sur le second marché de Paris pourrait intervenir d'ici un an à dix-huit mois. Il s'agirait d'une nouvelle étape dans l'effort du groupe SNPE (4,6 milliards de francs de chiffre d'affaires) pour gérer ces dernières années l'effondrement de ses marchés d'origine liés à la défense : poudres, munitions et blocs de propulsion destinés aux gros missiles nucléaires balistiques français. La montée en puissance des fusées Ariane, dont la SNPE, avec Fiat BPD, fournit les carburants, n'a pu compenser ce plongeon. Effort de rentabilité. D'où l'énorme effort de diversification de la société dans la chimie civile industrielle et ses molécules pour les grands groupes chimiques ou pharmaceutiques, salué comme un exemple tant par Bercy que par les instances européennes de Bruxelles. Plus dur a été l'effort de rentabilité. Car la SNPE a dû à la fois se restructurer, avec des plans sociaux à l'appui dans le secteur défense - et ce n'est sans doute pas tout à fait terminé - et investir pour emporter de nouveaux marchés. Mais l'introduction en Bourse de Nobel Sport serait-t-elle politiquement correcte ? Déjà, le précédent gouvernement, qui avait voulu inscrire la SNPE sur la liste des sociétés nationales privatisables pour faciliter son projet de mariage dans les poudres et explosifs avec le britannique Royal Ordnance, filiale de British Aerospace, avait dû battre en retraite sous la pression syndicale. La direction de la SNPE cherche donc aujour- d'hui une autre voie (filiale, GIE...) pour réaliser cette alliance. Elle espère toujours y parvenir avant la fin de l'année, sous réserve de l'aval du nouveau gouvernement. Leadership. « Notre projet est bouclé à quelques détails près », souligne le PDG, Jean Faure. Mais ce dernier pourrait avoir d'ici là un souci. La fusion-absorption qui vient d'intervenir entre la Snecma et sa filiale SEP, Société Européenne de Propulsion, a renforcé le groupe public dans son leadership national pour les moteurs aéronautiques et spatiaux. Désormais, il nourrit des appétits pour les autres activités de propulsion aérospatiale française, notamment celles de la SNPE que le patron de Snecma, Jean-Paul Béchat, connaît bien. Il était auparavant PDG du groupe SNPE. Olivier Provost

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