Un seul dossier de reprise pour Myrys

L'enseigne de chaussures Myrys est-elle sauvée ? Rien ne permet encore de répondre de façon catégorique à cette question qui taraude la haute vallée de l'Aude depuis le 13 avril, date à laquelle le chausseur a déposé son bilan. Mais le tribunal de commerce de Limoux (Aude) a reçu vendredi en fin de journée, date butoir de dépôt des candidatures, une offre de reprise et deux lettres d'intention. La première émane de Jean-Pierre Canat, un homme d'affaires parisien originaire de la région. Le tribunal s'est refusé à communiquer les détails de son plan de reprise, en particulier ceux concernant les 480 salariés de l'entreprise, car ils sont susceptibles d'aménagement dans les prochains jours. Mais, selon nos informations, le repreneur potentiel aurait proposé de maintenir les effectifs de la production et de supprimer environ 160 emplois entre le siège, les services administratifs et le dépôt. Quant au financement du projet - environ 70 millions de francs selon certaines sources - il serait assuré au deux-tiers par un fonds de capital-risque et, pour le tiers restant, par une grande banque française. Des informations à prendre avec précaution puisque Jean-Pierre Canat, surnommé le « Tapie local » par certains, n'avait pas trouvé les garanties financières suffisantes en début de semaine dernière. Un déficit d'environ 50 millions en 1995 Avant de statuer sur le sort de Myrys (filiale de Bata France), le tribunal de commerce de Limoux devra encore attendre de voir si les deux lettres d'intention - l'une émanant d'une société belge, SA Patrimogest, et d'un industriel romain, M. Namour - vont se transformer en offres de reprise. Il semble donc que la chaîne de magasins de chaussures Manfield France, qui avait manifesté son intérêt, ait jeté l'éponge. De la même manière, un projet de RES (rachat d'entreprise par les salariés), dans l'air à la mi-juin, n'a pas débouché sur un projet de reprise. Le temps imparti pour trouver une solution est mince, les salariés du chausseur étant en congé à compter du 5 juillet et jusqu'au 5 août. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les syndicats de Myrys ont demandé au tribunal de ne prendre aucune décision entre ces deux dates. Jeudi dernier, les deux administrateurs judiciaires de l'enseigne ont présenté au comité d'entreprise un plan de restructuration prévoyant plusieurs suppressions de postes. Ce plan, destiné à accorder un sursis à Myrys selon les administrateurs, a été refusé par les syndicats. On ne savait pas, vendredi soir, si le tribunal de commerce les avaient entendus. Au début de l'année, Bata France avait annoncé la suppression de 361 postes et la cession de la moitié du réseau de Myrys. Après une perte de 87 millions de francs en 1994 (dont 60 millions de provision pour restructuration), le déficit du chausseur audois avoisinerait les 50 millions en 1995. Pascale Mollo

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