Alcatel va licencier un quart de ses salariés en Espagne

UNE RÉDUCTION de main-d'oeuvre de près d'un quart du total et la fermeure de deux centres de production : c'est un plan de reconversion draconien que la filiale espagnole d'Alcatel Alsthom, Alcatel Standard Electrica, a présenté hier au ministère du Travail à Madrid. Un plan avec lequel l'entreprise joue véritablement sa survie et qui vient s'ajouter aux trois autres déjà adoptés depuis 1983. En treize ans, l'entreprise a perdu près de 10.000 postes de travail et dépensé quelque 150 milliards de pesetas (6,1 milliards de francs) pour financer ses reconversions successives. Alcatel Standard Electrica prévoit de licencier en trois ans 1.338 de ses 5.945 travailleurs et négociera avec les syndicats les modalités de cette réduction massive, dont une partie importante devrait être réalisée via des préretraites et des départs volontaires. Ces nouveaux licenciements s'ajouteront à 574 autres actuellement en cours qui avaient été approuvés l'an dernier, à l'issue d'une difficile négociation avec les syndicats. L'entreprise fermera ses centres de production d'Arteixo (Galice), qui compte 178 travailleurs, et de Torrejon (près de Madrid), qui en emploie 650, dont une partie sera reclassée ailleurs. Les responsables de la compagnie prévoient un retour aux bénéfices nets en 1999. En échange de ce plan, Alcatel Alsthom injectera dans sa filiale espagnole, dont elle est l'unique actionnaire, 52 milliards de pesetas, sous forme d'augmentation de capital, soit 2,1 milliards de francs. Alcatel paie la libéralisation La nouvelle société Alcatel espagnole concentrera dorénavant ses principales activités dans deux centres : celui de Villaverde, près de Madrid, qui se chargera de la construction de commutateurs téléphoniques, et celui de Tolède, qui se consacrera à l'élaboration des équipements d'accès final à l'abonné, incluant la fibre optique et le câble. Par ailleurs, Alcatel Standard Electrica se transformera en holding qui prendra le nom de Alcatel Espana et assumera le contrôle de toutes les activités ibériques du groupe, incluant non seulement la fabrication de matériel téléphonique mais également celle de signaux ferroviaires, batteries, câble et réseaux électriques. Ce nouveau plan a été fraîchement accueilli par les syndicats, mais est considéré par la direction comme indispensable après les résultats désastreux enregistrés l'an dernier : 29.723 millions de pesetas de pertes (neuf fois plus qu'en 1994 !), un chiffre dont on attend qu'il se répète approximativement cette année. Outre des causes conjoncturelles, comme le coût de la reconversion antérieure, cette détérioration des résultats répond à des problèmes de fond, affirme-t-on au siège de la compagnie, comme la chute brutale des prix due à la libéralisation progressive du secteur de la téléphonie. La réduction de moitié des fournitures de matériel téléphonique prévue par un énorme contrat signé en 1993 avec les autorités chinoises a également joué son rôle. Thierry Maliniak, à Madrid

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