ESPACE + Modifications à la direction d'Arianespace et du Cnes

Fin de la tragi-comédie Arianespace, avec vacance de la présidence et reports répétés de l'assemblée générale des actionnaires. Celle-ci s'est bien tenue hier soir et, selon nos informations, elle a approuvé les comptes de 1996 (135 millions de francs de résultats) et entériné la nomination de Jean-Marie Luton comme administrateur et futur président d'Arianespace, ce que le conseil d'administration doit confirmer aujourd'hui. Ce dernier, qui terminait son mandat à la tête de l'ESA, l'agence spatiale européenne, succède donc à Charles Bigot, atteint par la limite d'âge, à la tête de la société européenne qui exploite avec succès les lanceurs Ariane. La nomination de Jean-Marie Luton a été imposée, juste avant les élections, par le précédent gouvernement. L'Etat français contrôle en effet le Cnes, centre national d'études spatiales, premier actionnaire d'Arianespace avec un tiers du capital, contre moins de 8 % chacun aux autres membres (parmi lesquels des firmes françaises publiques comme Aerospatiale ou SEP-Snecma que l'Etat contrôle également). Cette désignation a provoqué la colère de Charles Bigot, soutenu par plusieurs grands industriels, notamment étrangers coactionnaires d'Arianespace - GEC, Fiat BPD, les allemands MAN et Dasa ou encore Matra - qui voulait voir nommé son dauphin depuis deux ans, Francis Avanzi aujourd'hui évincé. Les élections passées, le nouveau gouvernement a demandé le report de cette nomination, en plein Salon du Bourget, pour réexaminer le dossier. Confirmation. Finalement, le ministre chargé de l'Education nationale, de la Recherche et de la Technologie mais aussi de l'Espace, Claude Allègre, a confirmé Jean-Marie Luton (qu'il connaît de longue date) afin de mettre un terme à la polémique. « Le ministre est très attaché au rôle d'Arianespace en matière de coopération spatiale européenne », souligne-t-on dans son entourage. Le nouveau gouvernement devrait, à l'inverse, modifier la donne au Cnes. « Le ministre n'a pas demandé de tête, souligne-t-on dans l'entourage de Claude Allègre. En revanche, le poste de directeur général du Cnes est toujours vacant. Il sera pourvu dans les prochaines semaines ». Selon plusieurs sources, c'est le directeur scientifique du Cnes, Gérard Brachet, qui devrait prendre ce poste et assurer la gestion opérationnelle du centre pendant que son président retrouve son rôle originel de préparation de la politique à long terme. Gérard Brachet devient d'ailleurs administrateur d'Arianespace comme personnalité qualifié (Alain Bensoussan restant administrateur représentant du Cnes). Daniel Mugnier, patron des lanceurs au Cnes, devient aussi administrateur d'Arianespace en attendant d'y être nommé directeur général adjoint chargé des affaires industrielles et techniques, en remplacement de Claude Quièvre, après le crucial deuxième vol d'Ariane 5 prévu pour septembre. O. P.

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