Agroalimentaire + Nestlé s'intéresse aux biotechnologies végétales

Pourquoi un industriel de l'agroalimentaire comme le suisse Nestlé choisit-il d'investir dans un centre de recherche sur les biotechnologies végétales comme celui de Tours, alors que c'est habituellement l'apanage des groupes agrochimiques ? Réponse : pour assurer la sécurité de ses approvisionnements en matières premières, tant en quantité qu'en qualité. L'agriculture du siècle prochain sera dominée par une poignée de grands groupes chimiques qui ont aujourd'hui acquis des positions clés dans les technologies de génie génétique végétal. Mais ces groupes ne s'intéressent qu'aux cultures permettant de dégager une valeur ajoutée suffisante pour rentabiliser les lourds investissements requis. Les cultures doivent donc offrir des rendements élevés et réguliers et permettre de réduire les coûts de production. Enfin, ces semences ne doivent pas être reproductibles par l'agriculteur lui-même, faute de quoi le marché ne serait pas renouvelé d'une année sur l'autre. Caractéristiques. Le caféier et le cacaoyer ne présentent aucune de ces caractéristiques. Ils ne font l'objet de quasiment aucune recherche, ni sur l'amélioration des rendements ni sur la résistance aux maladies, alors que leur concentration géographique les rend très sensibles aux maladies. Or, le café et le cacao constituent, après le lait, les plus importantes matières premières agricoles utilisées par Nestlé. Le travail accompli à Tours sur ces deux végétaux vise à mieux connaître les caractéristiques de ces cultures, et à développer de nouvelles variétés offrant des rendements plus élevés. « On sait aujourd'hui très peu de choses sur les déterminants de la qualité du produit fini (sol, variété...), explique Vincent Pétiard, directeur du centre de Tours. Il serait très intéressant de savoir ce qui conditionne les qualités organoleptiques ou de ansformation des produits. » Actuellement, 25.000 tonnes de cacao sont dégustées pour en sélectionner seulement 2.000 tonnes. « Il est beaucoup plus facile de sélectionner les variétés quand on sait le caractère que l'on veut privilégier », ajoute-t-il. Expertise. L'achèvement de la carte génétique du caféier cette année devrait apporter à Nestlé de précieux éléments à ce sujet. En outre, il s'est associé avec plusieurs de ses concurrents, un institut de recherche publique local et des associations de producteurs, pour financer des recherches contre le « balai de sorcière », une maladie qui dévaste les cultures de cacao au Brésil. « Il ne s'agit pas, précise Vincent Pétiard, d'une intégration en amont de la production de matières premières. En revanche, Nestlé offre aux agriculteurs une assistance locale dans l'intérêt bien compris de chacun. » Le groupe suisse participe ainsi à la régénération des plantations. Nestlé fait aussi profiter de son expertise en biotechnologie végétale un groupe comme Michelin qui rencontre le même type de difficultés avec l'hévéa. Catherine Ducruet

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