Les syndicats belges ne veulent pas entendre parler de licenciements

Priorité : le plan social. Même s'ils restent très attentifs à l'évolution de la situation politique française, les syndicats de l'usine Renault de Vilvorde ne se font « plus guère d'illusion » sur une éventuelle réouverture du site. Dès lors, l'intersyndicale belge concentre toute son attention et ses efforts sur le plan social, à l'instar de son porte-parole. Karel Gacoms (FGTB) déclarait dès samedi : « Nous ne voulons aucun licenciement, c'est-à-dire des solutions pour tout le monde. » Cette revendication, qui implique notamment de maintenir pour au moins un an au sein du groupe Renault et sous statut de « chômeur économique » tous les salariés qui ne réussiraient pas à retrouver un emploi pendant cette période, a été réitérée par les syndicats hier au ministère du Travail et de l'Emploi, à l'occasion de la reprise des négociations sur le contenu du plan social avec la direction de Renault Industrie Belgique (RIB). Ces propos sont très proches de ceux prononcés dimanche à la télévision flamande VTM par le Premier ministre belge, Jean-Luc Dehaene, pour qui « Renault doit prendre ses responsabilités et trouver une solution pour chaque travailleur ». Le chef du gouvernement belge, qui a également promis de faire tout ce qui était en son pouvoir en matière de préretraites et d'installation d'autres activités sur le site, n'a pas oublié au passage d'égratigner son homologue français, Lionel Jospin, qui a donné « des illusions au personnel de Vilvorde » pendant sa campagne électorale. Indemnités. Dans l'état actuel des négociations, l'intersyndicale estime que les indemnités de départ sont « très maigres pour l'instant ». Il ne faut « pas sous-estimer les 5.300 voitures que nous gardons encore, ni le fait que Renault ne peut plus produire de Mégane Coupé avant le mois de mars à Palencia [Espagne], alors que des voitures lui manquent », a-t-elle par ailleurs affirmé. Aucune manifestation n'est prévue pour l'instant, mais l'intersyndicale n'exclut pas des actions « plus sauvages qu'avant » si la négociation du plan social ne lui convient pas. Karel Gacoms a également déclaré que la proposition faite par la direction de Renault de créer 400 emplois sur le site était « tout à fait insuffisante. Nous tablions sur 1.000 à 1.200 emplois ». La date de fermeture du 31 juillet, annoncée en février par la direction de Renault, ne figurait plus dans le communiqué présenté samedi par le conseil d'administration, qui stipulait « en 1997 ». Il y a cependant très peu de chances que le travail reprenne pour trois ou quatre mois, les syndicats déclarant que « la dernière Mégane a été fabriquée à Vilvorde, sauf si l'on nous demande de reprendre la production pour l'année 1998 ». La prochaine assemblée générale, sans doute pour présenter le plan social aux salariés, aura lieu vendredi. Emmanuel Defouloy, à Bruxelles

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