Applicam ouvre son éventail de cartes à puce

Rien ne motive plus Jean-Paul Ghezzi que les casse-tête chinois. Ancien employé des postes devenu ingénieur électronicien grâce aux cours du soir, ce fils de sidérurgiste italien a commencé sa carrière à la Société des Autoroutes du Nord et de l'Est de la France (Sanef). Confronté au problème des tarifications préférentielles pour les abonnés, il a créé une carte à puce permettant le règlement du péage à distance. Le télépéage était né, mais une dizaine de banques dédaignèrent le système avant que l'une d'entre elles, le Crédit Mutuel, n'entrevoit ses potentialités. Exemple local. En 1987, Jean-Paul Ghezzi débauche l'un de ses collègues pour créer Applicam. Il s'est jeté à l'eau sur la base d'un appel d'offres de la ville de Metz, qui souhaite doter ses administrés d'une carte de fidélité. Mais les frais de maintenance du système que propose la jeune société sont jugés trop élevés. Applicam survit à ce revers en décrochant quelques petits contrats. Mais Jean-Paul Ghezzi n'a pas oublié la carte à puce. En 1988, la mairie de Blagnac (Haute-Garonne) lance un appel d'offres pour gérer les entrées de sa nouvelle patinoire. Applicam décroche son premier marché public... qui lui permettra d'équiper la ville d'une cinquantaine d'autres services. Or, Blagnac devient une vitrine : près de 300 délégations municipales s'y succèdent et s'inspirent de l'exemple local. Dès lors, la PME enchaîne les contrats. En 1992, IBM la contacte pour doter le comité d'entreprise d'EDF. Sa carte à mémoire permettra d'équiper 120 villages de vacances et les 350.000 clients de ses 150 restaurants. En 1996, grâce à une nouvelle carte à puce, les serveuses peuvent débiter le coût du repas sur la carte des clients du restaurant d'entreprise, tout en transmettant la commande en cuisine par radio. 1997 se signale déjà par deux premières nationales. La carte Fidéville intègre pour la première fois les transactions publiques et privées, permettant à la fois de payer les parcmètres, d'engranger des ristournes consenties par les commerçants et de régler certains achats. Une compétence reconnue. La carte scolaire Applicam dont la Meurthe-et-Moselle s'apprête à doter 35.000 collégiens et lycéens étendra pour la première fois à l'échelle d'un département entier le contrôle d'utilisation des cars scolaires. « Notre compétence est reconnue sur les marchés techniquement difficiles, présentant des spécificités qui en détournent les gros investisseurs. Nous prospectons très peu : ce sont les clients qui nous sollicitent », indique Jean-Paul Ghezzi. L'entreprise emploie 25 salariés, pour 15 millions de chiffre d'affaires en 1996. Le capital est détenu à 75 % par Jean-Paul Ghezzi et son fils Thierry, deux associés fondateurs détiennent chacun 3,5 % et l'Institut Lorrain de Participation (société de capital-risque) 17 %. Au cours de ces deux dernières années, Applicam a d'abord créé une filiale réunionnaise, Store Applicam, qui commercialise les services monétiques sur l'île ; puis a acquis 25 % du capital de la société québécoise Américam. Les premiers marchés obtenus ont permis à Applicam de se diversifier en direction des grandes entreprises : une nouvelle carte conçue pour une usine de pâte à papier sert à la fois de support d'accès à l'entreprise et de mode de paiement à la cantine. Pascale Braun

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