Bercy a choisi les nouveaux actionnaires de Renault

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LE MINISTERE de l'Economie et des Finances a publié hier soir la liste des nouveaux actionnaires de Renault. Douze investisseurs institutionnels (banques, compagnies d'assurances) nouveaux et la BNP (déjà actionnaire), choisis sur avis conforme de la commission de privatisation, reprendront de gré à gré 6 % du capital du constructeur. L'appel d'offres a été clos le 1er juillet. L'opération s'est conclue par la vente de 14.395.142 actions à un prix unitaire de 139 francs. Lors de la première cotation, en novembre 1994, le prix de l'offre publique de vente était de 165 francs par action. Hier soir, l'action cotait 130,40 francs, en repli de 0,6 % - et de 7,5 % sur le début de l'année. Les nouveaux actionnaires, parmi lesquels cinq établissements étrangers, se joindront au groupe d'actionnaires partenaires (GAP) qui détient aujourd'hui 5 % de Renault. Le GAP comprend la BNP, Rhône-Poulenc, Lagardère Groupe et Elf Aquitaine. Le transfert des titres, dont la vente rapportera 2 milliards de francs à l'Etat, interviendra le 15 juillet. La part de l'Etat dans le capital de Renault sera alors ramenée à 46 %. L'assemblée générale de Renault devrait ratifier la privatisation du groupe le 26 juillet. Le processus d'ouverture du capital de Renault a été engagé en janvier 1991, avec l'entrée du constructeur suédois Volvo. La privatisation avait ensuite failli se produire en novembre 1994. Mais, devant le risque de réactions politiques et syndicales - très exagéré selon la plupart des observateurs -, le gouvernement Balladur avait refusé de franchir le pas. L'an dernier, les marchés n'étaient guère porteurs. La privatisation du dernier constructeur nationalisé d'Europe, après la cession d'Alfa Romeo à Fiat en 1987 et la vente de l'ex-British Leyland (aujourd'hui Rover) en 1988 à British Aerospace, qui l'a recédé en 1994 à BMW, s'effectue en douceur. Elle met fin à un climat d'attente pesant dans l'entreprise, mais nourrit la grogne de la CGT, qui mobilise ses troupes pour tenter de perturber le processus. Sans succès jusqu'à présent. Renault baissera le prix de ses voitures La privatisation s'effectue à un moment difficile pour le constructeur d'automobiles, dont le chiffre d'affaires a baissé de 5 % au premier trimestre. Les immatriculations de Renault ont diminué de 13,9 % en France au premier semestre. Elles stagnaient en Europe sur les cinq premiers mois, pour un marché en progression de 7,5 %. Le constructeur pâtit notamment de la guerre des prix. Louis Schweitzer, le PDG, s'est engagé à baisser le coût de ses modèles de 3.000 francs en moyenne. Celui de la Laguna pourrait même diminuer de 5.000 francs en moins de deux ans. En attendant ces économies potentielles, les analystes financiers révisent leurs prévisions de bénéfice à la baisse. Ils tablaient encore, il y a quelques semaines, sur un résultat net de 1,35 milliard de francs en 1996, contre 2,1 milliard l'an dernier. Mais la société de Bourse Cheuvreux de Virieu a révisé hier ses estimations, qui passent de 1,2 milliard de francs à 350 millions. Il est vrai que la branche automobile, qui a perdu 1,7 mil- liard l'an dernier, devrait être encore en déficit en 1996. Quant au poids lourd, qui avait contribué pour près de 1 milliard au résultat d'exploitation en 1995, il risque de se montrer moins performant cette année. Pour 1997, l'estimation de Chevreux de Virieu chute pour Renault de 2 milliards de francs à 1,2 milliard. La société de Bourse prévoit pour PSA un bénéfice net de 1,2 milliard en 1996 et de 2,5 milliards l'an prochain. ALAIN-GABRIEL VERDEVOYE, AVEC HELENA DUPUY

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