Vins et spiritueux + Guinness et GrandMet étudient la proposition de LVMH

Opposés depuis le début à une fusion de leurs activités vins et spiritueux avec celles de LVMH, Tony Greener et George Bull, respectivement président de Guinness et de Grand Metropolitan, ont dû tenir hier un autre langage. Venus à Paris pour rencontrer Bernard Arnault, patron du groupe du luxe - par ailleurs actionnaire de La Tribune -, les deux patrons britanniques ont déclaré, à l'issue de cette première réunion, « être ouverts à toutes propositions à condition qu'elles soient plus rémunératrices pour les actionnaires que le projet initial ». Ils ont demandé au président du groupe français de préciser par écrit son projet. Chose que Bernard Arnault serait prêt à faire dès le début de la semaine prochaine. Depuis le début, ce dernier préconise « une solution qui vise à regrouper les activités vins et spiritueux de Moët Hennessy, de Guinness et de GrandMet dans une société indépendante cotée en Bourse », comme LVMH le rappelait hier dans un communiqué. Pour Bernard Arnault, cette solution est « significativement plus créatrice de valeur pour les actionnaires des trois sociétés que la fusion proposée par Guinness et GrandMet, à la fois en termes de synergies potentielles et de valorisation par le marché d'une façon cohérente ». Position majoritaire. Le projet de fusion entre Guinness et GrandMet, annoncé le 12 mai, incluait la bière, l'agroalimentaire et la restauration ; il aurait eu pour effet de marginaliser LVMH, qui n'aurait plus détenu que moins de 7 % du capital de la nouvelle entité baptisée GMG Brands. Le schéma envisagé aujourd'hui, dans le cadre du « ménage à trois », devrait lui donner une position sinon majoritaire, du moins dominante, supérieure en tout cas, compte tenu des apports, à celle de chacun des autres actionnaires. Premier actionnaire de Moët Hennessy avec 66 % du capital, de Guinness (avec 14,2 %) ainsi que de GrandMet (6,7 %) depuis son raid boursier, le groupe, selon certains analystes, devrait contrôler entre 30 % et 45 % de la nouvelle entité cotée suivant le schéma qui sera retenu au terme des négociations. Reste qu'on voit mal Bernard Arnault se contenter de moins d'une minorité de blocage. D'autant qu'il bénéficierait, au sein de Guinness, du soutien de certains administrateurs, notamment parmi les indépendants (non executive directors). Tony Greener fragilisé. Le président de LVMH s'est en outre - et à deux reprises - donné les moyens d'être incontournable. Après avoir menacé de racheter les filiales communes de distribution à l'international mises en place avec Guinness, il n'a pas hésité à débourser 8 milliards de francs en deux jours pour s'imposer chez GrandMet. Au point d'inverser le rapport de force, en accueillant sur ses terres ses deux homologues. Désormais prêts à négocier, Tony Greener et George Bull se doivent de sauver la face. Les deux compatriotes ne sont toutefois pas sur un pied d'égalité. En cas d'échec des pourparlers, GrandMet aurait les mains plus libres pour trouver un autre partenaire. Hier, la City évoquait même une alliance avec Allied Domecq. Quant à Tony Greener, fragilisé déjà depuis plusieurs mois à la tête de Guinness, il n'aurait certainement pas une seconde chance. N. H. et N. T.

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