La mécanique entre rigueur et investissements

La Fédération des industries mécaniques a présenté hier son enquête financière désormais traditionnelle sur le secteur. « Une industrie qui se porte bien et qui crée des emplois », s'est réjoui d'emblée Martine Clément, présidente de la FIM, à l'évidence soucieuse de dépoussiérer l'image que renvoie souvent la profession auprès du grand public. La mécanique regroupe en France quelque 6.500 entreprises, employant 476.000 personnes. Elle a vu l'an dernier son chiffre d'affaires progresser de 8 %, pour atteindre 319 milliards de francs. L'échantillon retenu pour cette enquête 1996 - la première version remonte à 1983 - repose sur 496 sociétés, qui représentent un tiers des ventes du secteur. Premier constat, les crises du début des années 80, puis 90, ont largement bouleversé les structures de bilan des entreprises. En dix ans, les mécaniciens ont vu leurs fonds propres passer de 23 % à 41 % du total des actifs. Parallèlement, le ratio dettes totales sur passif est passé de 77 % à 58 %, la réduction du poste dettes financières expliquant pour beaucoup ce phénomène. « Depuis 1991, cela est dû en partie à la sélectivité accrue du secteur bancaire vis-à-vis de ses clients, ce qui a poussé les entreprises au désendettement », note Jean-Louis de Fommervault, responsable de l'enquête. Il souligne également que les mécaniciens « jouent souvent le rôle de banquier pour leurs clients qui, de leur côté, n'arrivent pas à trouver des crédits auprès des banques ». Gonflement des stocks L'année 1995 aura par ailleurs été marquée par un gonflement des stocks, et ce même si ces derniers font l'objet d'une gestion de plus en plus rigoureuse, comme en témoigne un ratio stocks sur actif, passé de 34,4 % en 1984 à 26,2 % l'an dernier. Mais trop de rigueur budgétaire ne tue-t-elle pas un certain goût du risque, autrement dit les investissements ? Au vue des résultats de cette enquête, la question mérite d'être posée. Certes, selon Jean-Louis de Fommervault, les investissements des mécaniciens ont progressé de 25 % à 30 % en 1995. Mais ils avaient baissé de près de 50 % entre 1991 et 1994. En outre, depuis quatre ans, les entreprises cherchent systématiquement à moins dépenser en investissements qu'en amortissements des outils existants. Aujourd'hui, l'analyste constate enfin que la demande de crédits d'investissement - courant en général sur cinq ans - n'est pas, loin s'en faut, revenu au niveau des années 89-90. Malgré ces quelques signaux d'alarme, Martine Clément s'est montrée satisfaite des améliorations détectées par cette étude qui, selon elle, devraient se poursuivre cette année, mais à un rythme moins soutenu. Au premier semestre 1996, le secteur devrait afficher une nouvelle progression de 5 %, tandis que la FIM table sur une augmentation comprise entre 3 % à 4 % sur l'ensemble de l'année. J.-P. G.

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