Bénéteau parie sur une croissance de 10 % pour 1997

LE MARCHÉ de la plaisance à voile, qui a plongé dramatiquement voici quatre ans, serait-il enfin à l'étiage ? « En Europe, on prévoit une amélioration, même si le marché français s'avère le plus difficile en raison de sa fiscalité, répond Annette Roux, PDG de Bénéteau. Et aux Etats-Unis, la demande continue à progresser. » Des signes qui restent à confirmer mais qui alimentent l'optimisme des dirigeants de Bénéteau quant à leur avenir. Numéro un mondial de la plaisance à voile, Bénéteau a racheté il y a cinq mois le numéro deux Jeanneau : « C'est aujourd'hui la fin de la concurrence exacerbée entre les deux groupes, commente Annette Roux, ce qui devrait faire beaucoup de bien au secteur. » Renforcé, le groupe nautique lance aujourd'hui une augmentation de capital de 40 millions de francs, pour financer l'acquisition de Jeanneau et améliorer sa situation financière. Ce sont 61.144 nouvelles actions nouvelles qui seront émises à 670 francs (avec une prime de 650 francs), ce qui fera passer la capitalisation boursière à 286,8 millions de francs. Conséquence de l'opération : la part de l'actionnariat familial (représenté par la société Beri) baissera d'environ 10 % et représentera 57,6 % du total. Le public détiendra pour sa part 38,4 %. Hier, le titre s'est inscrit à 670 francs, en repli de 1,9 % par rapport à la veille, avec 422 unités traitées sur le second marché. Recherches accélérées sur les résines hybrides En même temps que la réorganisation de son capital, Bénéteau a procédé à une remise en ordre de ses activités industrielles et commerciales, qui vont de la plaisance à la construction de maisons mobiles et à la production de mini-voitures sans permis. Quatre divisions ont été créées, la plaisance représentant le gros morceau (61 % de l'activité, 75 % du résultat d'exploitation). Dans ce secteur, Bénéteau détient une position dominante avec 23 % du marché mondial. Pour les cinq ans à venir, la société prévoit une croissance annuelle d'environ 3 %, ce qui devrait faire passer le chiffre d'affaires dans ce domaine au-dessus du milliard de francs. Tout en préservant l'identité des marques Jeanneau et Bénéteau, le groupe table sur les synergies nées de la fusion pour développer cette activité : avec le regroupement de la recherche-développement, par exemple, Bénéteau a pu accélérer son programme de recherche sur les résines hybrides, qui pourrait aboutir l'année prochaine. Les perspectives de la plaisance à moteur (26 % de l'activité) paraissent également favorables, tant dans le domaine professionnel que dans celui des loisirs : Bénéteau espère faire passer le chiffre d'affaires du secteur de 125 millions de francs actuellement à 150 millions. Il espère enfin prendre le virage de la diversification, grâce à ses maisons mobiles O'Hara destinées aux professionnels des loisirs (les parcs résidentiels en particulier) et à ses voitures sans permis (marque Microcar). Au total, le chiffre d'affaires pour cette année atteindra 1,03 milliard de francs, pour un résultat net de 30 millions. En 1997, la croissance de la société devrait être de 10 %. ALINE RICHARD

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