Couture + Pierre Balmain s'offre une cure de jouvence

Pierre Balmain recrute et le fait savoir. La maison, qui présente aujourd'hui à Paris ses collections de haute couture, a proposé à Nina Ricci de reprendre dans ses ateliers quatre ou cinq ouvrières, sur les vingt-cinq menacées par un plan social. Petites mains, chef de cabine, directeurs artistiques : depuis plus de deux ans, date à laquelle la griffe est passée dans le giron du groupe d'investisseurs privés GF Vendôme, Balmain revendique près de trente créations d'emplois. La maison s'est ainsi dotée le mois dernier d'une directrice générale, Georgina Brandolini (ex-Valentino), avant d'annoncer l'arrivée du créateur chinois de Singapour Andrew GN, qui dessinera son prêt-à-porter féminin. Stabilité. Au regard d'une histoire mouvementée, ces recrutements à tous les niveaux sont plutôt rassurants. « Depuis la fin des années 70, Balmain a changé cinq fois de mains, connu une quinzaine de PDG et vu se succéder une myriade de créateurs », rappelle le nouveau maître des lieux, Alain Hivelin, qui se félicite d'avoir su retenir Oscar de la Renta dont le contrat a été renouvelé jusqu'à l'an 2000. « Aujourd'hui, il n'y a plus d'états-majors, mais une équipe de direction que j'espère stable pour longtemps. » Son objectif : rehausser l'image un peu « vieillotte » de Balmain. Les effets de cette politique se sont déjà fait ressentir en haute couture, dont les pertes devraient être ramenées à moins de 10 millions cette année. « La moyenne d'âge de nos clientes avoisine désormais cinquante ans, contre soixante-dix voilà encore quelques saisons », confie Georgina Brandolini. Mais la maison de la rue François-1er espère transformer l'essai grâce au redéploiement de son prêt-à-porter. En l'espace de deux ans, elle a remis en ordre ses licences (qui vont « peser » cette année près de 80 millions) et repris en direct l'exploitation de ses lignes féminines, dont le chiffre d'affaires pourrait atteindre 100 millions à l'horizon 2000. Son réseau de distribution est monté en puissance, avec des ouvertures programmées à l'étranger (Moscou, Taiwan, Saint-Pétersbourg, Hong-Kong ou Dubaï), où Balmain compte ouvrir d'ici à cinq ans plus de 80 boutiques en partenariat, si les négociations en cours avec le Japon et les Etats-Unis aboutissent. Parfums. Autre chantier prioritaire : les parfums. Exploitée pour l'heure par la société Selecta, dont le patron n'est autre qu'Alain Hivelin, cette activité sera bientôt rapatriée et dynamisée. Avec un lancement programmé au cours de l'année 1998 et dont le positionnement (qui oscille pour l'instant entre le très haut de gamme et une orientation plus jeune) doit être précisé. Il était temps : le dernier « jus » féminin signé Balmain remonte à... 1979 avec Ivoire. Côté finances, la société - dont les comptes ont été équilibrés ces deux derniers exercices - a colmaté les brèches. L'an dernier, sa situation nette s'élevait à 100 millions et son endettement global à moins de 30 millions. Nathalie Hamou

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