Aéronautique + Premier refus européen à la fusion Boeing-McDonnell Douglas

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Alors que Lockheed-Martin vient d'annoncer son intention de racheter Northrop Grumman, le dossier de la fusion rivale Boeing-McDonnell Douglas suit son cours. Comme attendu, le 1er juillet à Washington, la FTC, Federal Trade Commission américaine, a donné son feu vert sans conditions à ce mariage (estimant toutefois « potentiellement anticoncurrentiels » les contrats d'exclusivité de Boeing auprès de trois compagnies aériennes). Vendredi, le comité consultatif de l'Union européenne, composé d'experts de la Commission et des Quinze, a refusé le projet de fusion Boeing-McDonnell-Douglas, estimant qu'il conduirait au renforcement de la position dominante de Boeing sur le marché des avions commerciaux de plus de cent places. Le comité considère que les engagements offerts jusqu'à maintenant par Boeing ne sont pas suffisants. « Affiner les propositions ». Se déclarant « déçu », le représentant du constructeur américain à Bruxelles a annoncé : « Nous allons continuer à travailler avec la Commission pour affiner les propositions que nous avons déjà faites. » Boeing avait adressé il y a une semaine une série de propositions qu'il qualifiait de « constructives ». La Commission n'est pas obligée de suivre l'avis « non contraignant » du comité consultatif. Elle doit en principe rendre son avis sur la fusion le 23 juillet. D'ici là, Boeing peut négocier avec les Européens. Mais, in fine, en cas d'avis défavorable de ces derniers au nom d'un abus de position dominante, et si Boeing et McDonnell-Douglas ne respectent pas ce feu rouge, la Commission a le pouvoir de leur infliger des amendes pouvant atteindre 10 % du chiffre d'affaires global du nouvel ensemble, soit en théorie quelque 25 milliards de francs. Bruxelles pourrait aussi sanctionner Continental, Delta et American Airlines qui opèrent en Europe et ont signé récemment avec Boeing des contrats d'exclusivité sur vingt ans, assortis de commandes pour 244 avions (100 milliards de francs) et 1.300 options. Renoncer à ces exclusivités (mais pas aux commandes) pourrait être une des propositions américaines auprès des instances européennes. Boeing et McDonnell Douglas pourraient aussi faire des concessions sur l'ouverture à la concurrence de certains brevets et licences aéronautiques. De même, Bruxelles devrait leur demander une stricte séparation entre le domaine concurrentiel des avions civils et le secteur armement-espace, financé en grande partie par les fonds pu- blics des agences fédérales venus respectivement du Pentagone et de la Nasa. Conscient des dif- ficultés d'imposer la transparence, les Européens attendent surtout de Washington une modification des accords transtlantiques de 1992 sur les aides publiques à l'aéronautique, limitant à 33 % les soutiens directs de type européen et à 3 % ou 4 % les aides indirectes chères aux Américains. Affrontement véritable. Mais depuis l'avis négatif du Comité consultatif, les observateurs, qui estimaient généralement jusque-là qu'un terrain d'entente serait finalement trouvé fin juillet, commencent à évoquer la perspective d'un véritable affrontement Europe-Etats-Unis sur ce dossier, une guerre transatlantique qui pourrait s'étendre à d'autres domaines. O. P. (avec AFP)

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