Le marché automobile français s'est effondré au mois de juin

C'est le plus mauvais mois de juin depuis... 196! Les immatriculations de voitures particulières ont plongé, le mois dernier, de 30,7 % par rapport à la période de référence de 1996. A nombre de jours ouvrables comparable, la dégringolade atteint même 34 %. Sur l'ensemble du semestre, le marché a baissé de 23,7 %. « Le niveau auquel nous sommes est préoccupant. On ne voit aucune reprise des immatriculations ou des commandes. Nos dernières prévisions sur une baisse de 15,6 % cette année supposent une forte reprise au second semestre », a précisé hier Jacques Calvet, patron de PSA. « Nous révisons nos prévisions à la baisse », a assuré pour sa part Louis Schweitzer, PDG de Renault, ajoutant non sans ironie à propos de la guerre des prix : « Le mouvement des rabais est bien le seul qui soit à la hausse ». Mesures d'aide permanentes. Pour relancer le marché, Jacques Calvet a encore plaidé, avec sa fougue habituelle, en faveur d'une nouvelle politique économique : « Va-t-on continuer à nous casser les pieds avec une lutte contre l'inflation qui n'existe plus ? Luttons contre le chômage et l'absence de croissance ! ». En ce qui concerne plus précisément l'automobile, le patron de PSA a encore demandé un retour à une TVA à 18,6 % au plus, tout en rappelant que les hausses continuelles des taxations sur les carburants finissaient pas avoir une incidence sur le comportement des automobilistes. Le patron de PSA s'est prononcé pour l'adoption de mesures d'aide permanentes, comme celles qui existent en Espagne, afin de stimuler les ventes, mais aussi de renouveler un parc automobile vieillissant, nuisible à la sécurité et à l'environnement. « N'oublions pas que 20 % du parc génère 80 % de la pollution automobile », a-t-il argué. Louis Schweitzer s'est montré plus mesuré : « Je ne souhaite pas un troisième round d'aides spécifiques et provisoires avec absence d'effets structurels. Il faut corriger les éléments législatifs qui nuisent au développement des ventes, sur la location avec option d'achat ou les voitures de société ». Rejoignant Jacques Calvet, le patron de Renault a tout de même averti : « Il faut aussi veiller à ce que ne soit prise aucune mesure de nature à nuire au marché automobile ». En attendant, les constructeurs français ont encore enregistré, en juin, un léger recul de leur pénétration globale à 56 %, imputable à Renault. Le constructeur au losange a en effet accusé une chute brutale de ses immatriculations de près de moitié. Au siège de la firme, on impute ce repli à l'absence de stocks avant le passage au millésime automobile 1998 le 1er juillet. Sous-entendu : Renault n'a pas eu à brader des voitures de l'année-modèle 1997, contrairement à ses concurrents. L'explication est un peu courte pour justifier une telle chute : - 50 % pour Twingo, - 56,3 % pour Clio, - 47,2 % pour Laguna, - 31,3 % pour Mégane (Scénic compris). Ces mauvaises performances sont en partie dues à la « grève du zèle » des filiales et succursales de Renault, opposées à la filialisation. PSA s'est, en revanche, bien comporté, grâce à Peugeot, qui a placé trois de ses voitures (106, 406, 306) aux trois premières places du marché français. L'opération de promotion « les immanquables » début juin a por- té ses fruits. 15.000 voitures du millésime 1997 ont béné- ficié de remises importantes : - 10.000 francs sur une 106 Kid, - 18.800 sur une 406 SL. Les tarifs 1998 sont d'ailleurs en baisse, comme ceux de Citroën. La marque aux chevrons a plongé, quant à elle, comme le marché, malgré une très bonne tenue de la Saxo. Des opérations promotionnelles ont là aussi bien soutenu les ventes. Du côté des importées, le groupe Volkswagen limite la casse et progresse en pénétration, à 13,2 %. La petite Polo connaît toujours un fort engouement. A la deuxième place parmi les groupes étrangers, on trouve Ford, qui bénéficie du lancement de la Ka et du rajeunissement de la Mondeo. La firme à l'ovale bleu devance, désormais, nettement GM Europe, en fort recul. La Corsa et l'Astra, en passe d'être remplacée, accusent le coup. Fiat, qui avait réalisé de si bons scores en 1996 avec les « juppettes », est aussi en repli, pâtissant de la désaffection - relative - du public pour les petits modèles. En revanche, les spécialistes sont ceux qui tirent le mieux leur épingle du jeu. Les valeurs sûres servent de refuge en cas de crise. Alain-Gabriel Verdevoye

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