Fives-Lille : le recentrage de Jean-Pierre Capron

En arrivant, voilà un an et demi, à la tête de Fives-Lille, filiale de Paribas, spécialisée dans l'équipement industriel, Jean-Pierre Capron s'était fixé trois priorités : reconstituer le carnet de commandes, sortir de certains secteurs d'activité et se renforcer là où le groupe occupe des positions fortes. S'il reste encore beaucoup à faire, l'année écoulée lui aura au moins permis de remplir le premier objectif, grâce à une bonne conjoncture. « Au 1er janvier 1996, notre carnet de commandes atteint 4,7 milliards de francs, contre 3,1 milliards il y a un an. Il faut remonter au 1er janvier 1991 pour retrouver ce niveau », indique le PDG. Se renforcer dans les métiers forts du groupe L'année dernière, l'entreprise a enregistré pour 6,3 milliards de francs de commandes, soit 2 milliards de plus qu'en 1994. Des affaires conclues, surtout, dans les secteurs de la sidérurgie et de la verrerie. Avec Sucden, Fives-Lille aura en outre décroché son premier contrat de sucrerie depuis 1985, pour la réalisation d'une sucrerie de betteraves à Kotchoubeevski, en Russie. Pour 1995, et malgré « des contrastes entre les filiales » (bonne année pour Nordon et FCB, décevante pour Procedair et DMS), le groupe annoncera des ventes d'environ 4,7 milliards de francs, contre 4 milliards un an plus tôt. Quant au résultat net, il devrait être « dans la lignée » de celui publié à l'issu du premier semestre (54,3 millions de francs). Jean-Pierre Capron reste toutefois prudent pour l'année en cours. « Dans nos métiers, les débouchés se trouvent surtout dans les pays en voie de développement. Or, sur ces marchés, 1996 sera au mieux une année de stabilisation », estime-t-il. Face à une conjoncture incertaine, et malgré une situation financière saine (endettement quasi nul), Jean-Pierre Capron poursuit sa stratégie de recentrage. « Le processus est engagé », annonce-t-il aujourd'hui, indiquant que le groupe souhaite se séparer de Caillard (grues et portiques), Dragon (équipements et installations de concassage, broyage, manutention des matériaux) et des activités brésiliennes de Nordon (équipement pour l'agroalimentaire, les industries chimiques et pétrolières), ces dernières, selon lui, « pesant lourd sur l'évaluation du groupe par le marché boursier ». Parallèlement, et comme il s'y était engagé, le PDG cherche à se renforcer dans les métiers forts du groupe, soit les équipements destinés à la sidérurgie, la production d'aluminium, de verre, les cimenteries et les sucreries et ce même s'il reconnaît « ne pas encore avoir encore réussi sur ce plan ». « 60 % de nos ventes vont à l'export. Or, il est exclu de poursuivre dans cette voie uniquement depuis des sites de production français », explique-t-il. Autrement dit, Fives-Lille entend d'abord se développer à l'international, aux Etats-Unis « où le marché reste important », en Inde « où il est déjà trop tard pour entrer depuis l'Europe » et en Chine. Le groupe dispose d'une trésorerie de 1,6 milliard de francs, dont 800 millions en propre et pour- rait ainsi « consacrer jusqu'à 400 millions » à d'éventuelles acquisitions. Jean-Pierre Gratien

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