Presse + Montpellier attend son « Midi libre » nouveau depuis une semaine

À Montpellier, kiosques et buralistes ne décolèrent pas. Victimes de l'absence de parution du quotidien régional, Midi libre (près de 200.000 exemplaires en Languedoc-Roussillon), ils s'accordent pour qualifier cette grève de « véritable sabotage ». « Les clients se reportent sur la Marseillaise et les quotidiens nationaux », estime le responsable d'un point-presse important du centre-ville. Dans l'Aude et les Pyrénées-Orientales, l'Indépendant, filiale de Midi libre, voit ses ventes légèrement progresser, comme la Dépêche dans le pays audois. Une question d'effectifs. Du côté des annonceurs, l'attentisme prévaut. « Nous restons solidaires du Midi libre et nous essayons de convaincre nos clients de rester patients. Pour ceux qui ont des événements ponctuels ou limités dans le temps, nous nous rabattrons éventuellement sur d'autres supports », explique Brice Renoux, directeur de clientèle de l'agence Symaps. Pourtant, la direction du quotidien montpelliérain n'avait pas lésiné sur la campagne de communication qui devait accompagner, le 24 juin dernier, le lancement de la nouvelle formule du journal. Refondu aussi bien sur la forme que sur le fond, imprimé sur de nouvelles rotatives représentant 180 millions de francs d'investissement, le journal ne sort pas à la suite d'un conflit avec les ouvriers du Livre. Charles Robin et Magdaleine Lopez, délégués syndicaux Filpac-CGT, demeurent incrédules devant l'attitude de la direction : « Dès septembre 1994, nous avons entamé une négociation autour du dossier des nouvelles rotatives. Il nous a fallu attendre une décision de justice, en décembre 1995, pour qu'un expert soit nommé afin d'étudier les conséquences de la mise en place du nouveau matériel. Un an plus tard, il livrait ses conclusions, soulignant, entre autres, les difficultés qu'il y aurait pour la rédaction dans ses horaires de bouclages. » Simultanément, des négociations sont entamées en début d'année. La réduction initialement voulue des effectifs rotativistes entraînerait le départ de 49 ouvriers sur 127. Après quelques pourparlers, la direction et les syndicats s'accordaient sur un effectif de 92 rotativistes, mais les divergences proviennent du statut, CDD ou CDI. Le 23 juin au soir, alors que tout est en place pour le lancement, les négociations se soldent par un échec. La grève est immédiate. Un report nécessaire. Pour l'heure, la rédaction de Midi Libre édite depuis le 1er juillet une feuille recto verso, condensé d'informations locales, disponible gratuitement dans tous les kiosques. Les ouvriers du Livre en ont intercepté 10.000. Roland Bianchi, rédacteur en chef adjoint, ne cache pas son amertume : « Nous sommes pris en otage [...]. Cela fait des mois que nous travaillons sur cette nouvelle formule. Dorénavant, il nous faudra attendre la rentrée pour lancer le journal car durant la période estivale, nous n'avons pas notre lectorat habituel. » Louise an, fleuriste réputée de la ville, subit aussi les conséquences de cette grève : « C'est environ 25 % du chiffre d'affaires qui s'évapore, car nous ne sommes plus au courant des deuils. Heureusement, pour les mariages, les clients viennent au magasin... » F.-L. E. et S. S., à Montpellier

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