Presse + « Ouest-France » adopte un supplément télé et un plan social

Les grandes manoeuvres se succèdent à un rythme soutenu en ce début d'été dans les quotidiens régionaux de l'Oest. Après l'annonce d'un plan social dans les trois journaux du groupe Hersant, assorti d'un rapprochement éditorial des trois titres (Presse Océan, le Courrier de l'Ouest et le Maine libre), Ouest-France révise à son tour sa stratégie et se prépare à adopter un ambitieux plan de réorganisation. Ce plan, communiqué lundi après-midi aux délégués syndicaux, prévoit une édition dominicale, un journal des jours fériés et l'adoption d'un magazine télévision livré « clés en main » par un diffuseur extérieur. Chute du résultat. Un plan social, concernant le dixième des effectifs, est programmé afin d'abaisser les coûts de production, jugés trop élevés. François-Régis Hutin, le PDG du groupe, avait levé un coin du voile le 24 juin dernier dans un courrier adressé au personnel : « Les cinq premiers mois de cette année ont enregistré un résultat déficitaire de notre situation économique et financière [...]. Nous ne pourrons pas continuer ainsi sans procéder aux adaptations indispensables à la vie et à la prospété du journal. » De fait, en dépit de sa position enviable de premier quotidien français (785.000 exemplaires OJD en 1996), la diffusion du titre se tasse depuis deux ans et le résultat net est tombé à 10 millions de francs, contre 134 millions l'année précédente, pour un chiffre d'affaires de 1,6 milliard de francs. La récente nomination de Michel Nozière, ancien PDG des Dernières Nouvelles d'Alsace, à la direction générale du quotidien était, de toute évidence, destinée à préparer cette réorganisation. Tradition. Le plan de Michel Nozière se révèle assez habile, puisqu'il conjugue une redynamisation du titre avec de nouveaux produits, comme l'édition du dimanche et une baisse programmée des coûts en faisant appel aux départs volontaires. Il rompt cependant avec une vieille tradition du journal en acceptant la vente d'un produit dont la rédaction ne maîtrise pas le contenu : le supplément télévision. Ce dernier sera acheté au groupe Hersant ou au groupe Hachette, les deux éditeurs en concurrence sur ce marché. Le choix entre les deux « H » n'est pas encore arrêté, selon la direction du journal, mais devrait être connu d'ici une dizaine de jours. « Il est encore trop tôt pour savoir comment la direction compte concilier l'apparition de produits nouveaux d'un côté et la baisse d'effectifs de l'autre », commentait hier l'intersyndicale du journal. Mais les représentants du personnel ne cachaient pas leur inquiétude à propos de « ce qu'il faut bien appeler un plan social ». Ils ont en effet comptabilisé 180 personnes concernées par l'appel au départ en préretraite par le biais d'une procédure FNE : 130 salariés de plus de 55 ans et 50 journalistes ou cadres administratifs de plus de 57 ans. Les discussions commenceront dans les prochains jours et devront être bouclées à la fin de l'automne pour une application définitive au 31 décembre 1997. Philippe Dossal, à Nantes

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