Canal+ apparaît de plus en plus isolé en Allemagne

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Nous regrettons que Bertelsmann semble se résoudre si vite à se priver d'un partenaire aussi puissant et compétent en télévision à péage que BSkyB. » : le 6 juin, l'état-major de Canal+ avait pris toute la mesure des risques que faisait peser le retrait du groupe de Rupert Murdoch de la plate-forme numérique allemande. Hier, les craintes du groupe français se sont donc confirmées avec l'annonce d'un rapprochement spectaculaire entre le magnat australo-américain et son homologue bavarois. Mais Canal+ ne souhaitait pas commenter ce nouveau développement dans la guerre que se livrent les principaux groupes audiovisuels européens pour le contrôle du plus grand marché audiovisuel européen. Ce mutisme en dit long sur l'embarras des dirigeants de la chaîne cryptée française qui, semble-t-il, avaient été informés de l'imminence d'un accord entre le groupe de Rupert Murdoch et celui de Leo Kirch. Cette annonce ne pouvait tomber plus mal pour Canal+ et sa maison mère Havas. Le matin même, Bertelsmann et la Compagnie Luxembourgeoise de Télédiffusion (CLT) avaient en effet officialisé définitivement leur mariage : comme prévu, le géant allemand va donc s'offrir 50 % de la CLT en lui apportant en contrepartie sa filiale audiovisuelle Ufa et une soulte de 5 milliards de francs. « Rétablir une collaboration plus confiante avec Canal+ » Initialement associés à BSkyB et Bertelsmann au sein de la plate-forme numérique Newco, les deux groupes français ont de quoi s'interroger fortement sur le devenir de cette alliance après la désertion de Rupert Murdoch et la « trahison » de Bertelsmann. Pierre Dauzier, pour Havas, et Pierre Lescure, pour Canal+, avaient appelé à une « redifinition » des rapports avec Bertelsmann, en agitant la possibilité d'un rapprochement avec Leo Kirch dans le numérique. Aujourd'hui, cette dernière piste est devenue très hypothétique. Allié au premier opérateur britannique de télévision à péage, le Bavarois, qui dispose de son propre décodeur (le d-Box, fabriqué par Nokia), a-t-il vraiment besoin de Canal+ et de son terminal numérique Mediabox ? Aussi Bertelsmann s'est offert le luxe de tendre la main à son « partenaire » français : « En accord avec Audiofina, le groupe Bertelsmann espère surtout rétablir une collaboration plus confiante avec Canal+, qui avait été affectée par le rapprochement CLT-Ufa », peut-on lire dans le communiqué diffusé par l'axe germano-luxembourgeois. Prenant acte de cette bonne volonté apparente, Canal+ souhaitait, hier, que ces déclarations « se traduisent dans les faits ». La chaîne cryptée est toujours vivement irritée par la participation de la CLT et de sa filiale M6 au projet numérique TPS, qui ambitionne de concurrencer son propre bouquet CanalSatellite en France. Soulignant que les négociations avec Bertelsmann restent difficiles, la direction de Canal+ dispose désormais d'une marge de manoeuvre très étroite pour participer au grand jeu numérique allemand. J.-C. F.

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