Dun and Bradstreet éclate en trois pôles

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Dun et Bradstreet, le géant américain de l'information financière, se sépare en trois entités différentes. Le groupe qui, au XIXe siècle, participa au financement des affaires des commerçants des villes frontières de l'Ouest, compta parmi ses honorables correspondants le président Abraham Lincoln ! Bien plus tard, dans les années 60, Dun et Bradstreet peaufina son image de producteur d'informations spécialisées en rachetant le fabricant de pages jaunes pour l'annuaire Reuben Donnelly, et Moody's Investors, l'un des grands organismes de notation du crédit. Il compte aussi dans ses rangs A.C. Nielsen, expert de la mesure d'audience des médias électroniques et l'organisateur de sondages sur les produits de grande consommation. A l'automne, cet ensemble, qui réalise un chiffre d'affaires annuel de 4,9 milliards de dollars (environ 24,5 milliards de francs) pour une capitalisation boursière de 11 milliards, ne sera plus qu'un souvenir. Dun et Bradstreet a décidé de suivre l'exemple désintégrateur du mastodonte des télécommunications ATT et de cet autre grand conglomérat qu'est ITT. Mais, explique son PDG, Robert Weissman, le but du jeu n'est pas de réduire les emplois. Quand ATT promet de s'alléger de 40.000 postes d'ici trois ans, Dun et Bradstreet vise seulement 2 % de suppressions d'emplois sur un total de 48.000 salariés. Ce que recherche la compagnie, c'est un gain en souplesse. Vitesse de l'exécution et concentration « La rapidité des changements sur le marché de l'information, dit le PDG, a modifié les règles de survie dans les affaires. » « La vitesse de l'exécution et la concentration sur quelques secteurs » seront, selon lui, les facteurs clés du succès au XXIe siècle. L'actuel Dun et Bradstreet se réinvente donc en trois sociétés : Cognizant, dirigée par Robert Weissman, Dun et Bradstreet Corporation et A.C. Nielsen. Cognizant, au futur chiffre d'affaires de 1,4 milliard de dollars, réunira sous sa coupe les activités au plus fort potentiel de croissance : IMS International, un producteur d'information marketing pour l'industrie pharmaceutique et la santé, Nielsen Media Research, le compteur d'audience, et le groupe Gartner, consultant des compagnies high-tech. Dun et Bradstreet Corporation (2 milliards de dollars de chiffre d'affaires), abritera l'organisme de notation Moody's Investors et le spécialiste des pages jaunes Reuben Donnelley. Enfin, A.C. Nielsen (1,3 milliard de dollars de chiffre d'affaires) se concentrera sur l'information marketing des biens de grande consommation. Cette dernière entreprise est la plus difficile : elle a dû ces dernières années réduire ses coûts et a vu une succession de dirigeants se pencher sur son cas. Le lifting, espère-t-on, du côté de Dun et Bradstreet, devrait donner un coup de fouet à l'action en Bourse. Wall Street ayant boudé un titre qui ne produisait pas à son goût assez de bénéfices. Cette année, la valeur n'a progressé que de 18 %, quand le concurrent McGraw Hill, par exemple, galopait à + 30 %. CAROLINE TALBOT, À NEW YORK

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