Un homme d'affaires à la tête de la BBC

Sir Christopher Bland, membre du Parti conservateur au pouvoir en Grande-Bretagne et ancien président de LWT (London Weekend Television, l'une des chaînes de télévision régionales indépendantes), remplacera Marmaduke Hussey à la présidence de la BBC dès le 1er avril. Annoncée par le ministère de tutelle de la « vieille dame » du paysage audiovisuel britannique, celui de la Culture tenu par Virginia Bottomley, cette décision survient à un moment crucial dans l'histoire de la BBC, qui doit relever les défis d'une modernisation accélérée sans pouvoir jouer des mêmes armes que ses concurrents commerciaux dont l'influence ne cesse de croître. Dans un timing presque parfait, sir Christopher prendra ses fonctions un mois avant l'entrée en vigueur de la nouvelle charte royale, ce document que la direction générale de la BBC négocie périodiquement avec les pouvoirs publics et dont l'objet est de fixer les conditions d'exploitation de l'opérateur. Cet Irlandais de cinquante-huit ans bénéficie d'une longue expérience dans le monde de l'audiovisuel, que ce soit du côté des opérateurs ou de celui des autorités régulatrices, une double casquette que Virginia Bottomley estimait indispensable pour ce poste évidemment doté d'une forte dimension politique. Bland paraît donc bien placé pour prendre le témoin des mains de Marmaduke Hussey qui, à soixante-douze ans, s'en va après dix ans de maison (soit deux mandats consécutifs) et une action très controversée, à la fois en interne pour les méthodes souvent rudes dont il a fait preuve pour conduire le changement, et en externe pour les liens étroits qui l'unissent à Buckingham Palace et à Downing Street. Pour développer le rayonnement international Le nouveau président, quant à lui, est avant tout un homme d'affaires à la tête de plusieurs structures, dont la société de transport et de logistique National Freight Corporation (NFC) et une entreprise spécialisée dans le matériel de laboratoire, Life Sciences International. Il a acquis son expérience de superviseur à la vice-présidence de l'Independent Broadcasting Authority, devenue l'Independent Television Commission (l'équivalent britannique du CSA) en 1991, et celle de broadcaster à la présidence de la chaîne LWT. Un poste dont il a été délogé en 1994 par le raid réussi de Gerry Robinson, l'agressif patron de Granada actuellement à la lutte pour le rachat de Forte, qui a gagné le contrôle de LWT pour 760 millions de livres. Enfin, ses nouvelles fonctions contraindront Christopher Bland à abandonner la vice-présidence de Nynex Cable-Comms, le second câblo-opérateur britannique. La tâche qui l'attend à la BBC en effraierait plus d'un. Bland devra en effet développer le rayonnement international de l'opérateur public, insuffisant notamment aux Etats-Unis ; enrayer la chute de l'audience passée de 50 % du total national en 1989 à 42 % aujourd'hui ; briser une rigidité pénalisante au niveau des recettes (sur 2,1 milliards de livres de revenus, 81 % proviennent de la redevance et 19 % seulement de la publicité) ; enfin mener à son terme la révolution du tout digital actuellement en cours. Michel Roland, à LondrES

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