PRESSE + Plan social au pôle Ouest du groupe Hersant

LE MAINE LIBRE n'a pas paru ce week-end. Les journalistes se sont opposés à la sortie du quotidien après avoir pris connaissance d'un projet de plan social qui prévoit la suppression de vingt-cinq postes sur les quatre-vingt-dix-huit que compte le journal du Mans. Au total, ce sont quatre-vingts postes qui sont appelés à disparaître dans les trois quotidiens que le groupe Hersant possède à l'Ouest, dont quinze au Courrier de l'Ouest (Angers) et trente-deux à Presse Océan (Nantes). Le plan, préparé par Pierre-Jean Bozo, le directeur délégué du groupe, sera soumis au personnel le 2 juillet au cours de trois comités d'entreprise qui se dérouleront successivement aux sièges des trois journaux. Ce nouveau pas dans la réorganisation du pôle Ouest était attendu. Il s'inscrit dans le droit fil des décisions prises depuis trois ans par la direction du groupe Hersant, qui visent à réaliser de substantielles économies d'échelle et à constituer un pôle homogène face au groupe Ouest France. Les trois quotidiens proposent depuis le 1er octobre 1996 une séquence d'informations générales commune réalisée à Angers, dans les locaux du Courrier de l'Ouest. Mais cette fois, contrairement aux plans précédents, ce ne sont plus seulement les deux journaux déficitaires du pôle, le Maine libre et Presse Océan qui font les frais de la réorganisation, puisque le Courrier de l'Ouest est aussi touché. Prudence. Le rôle central du quotidien angevin est partiellement remis en cause avec l'installation à venir de la direction du pôle à Nantes, dans les locaux d'un autre titre du groupe, l'Eclair. Ce changement de stratégie, privilégiant la capitale régionale au détriment de la ville abritant le pilier du dispositif, a probablement pesé dans la démission du PDG nommé l'an dernier à la tête des trois journaux, Pierre-Marie Desgrés du Lou, qui a cédé sa place le 7 avril à Christian Coustal du Havre Livre. « La lecture de ce nouveau plan est extrêmement délicate », confiait hier un représentant de Presse Océan au comité d'entreprise. « Il est conçu de telle façon que l'on n'arrive pas à en faire une traduction en terme de pertes d'emplois. Certaines suppressions de postes sont compensées par des créations dans d'autres secteurs. » Scrupuleux et prudents, les journalistes du quotidien nantais ont planché toute la journée sur le texte, et se sont réunis en assemblée générale afin de dégager une position commune pour le CE de mercredi. Virulence. Au Maine Libre, les réactions sont plus virulentes. Le personnel se dit atterré par ce nouveau plan. « Il y a six ans, nous étions trois cents, dans trois mois nous ne serons plus que soixante-quinze. C'est la concrétisation de ce que nous craignions depuis des années. Après l'imprimerie, ce sont les services administratifs qui partent pour Angers. Nous ne serons bientôt plus qu'une édition départementale d'un journal qui nous échappe », commente un délégué. Christian Coustal se garde quant à lui de tout commentaire, affirmant conserver la primeur de ses informations pour les élus du comité d'entreprise. Philippe Dossal, à Nantes

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