Air Liberté menace de porter plainte contre l'ex-Air Inter

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LES POUVOIRS PUBLICS sont au pied du mur. Alors que vient d'être annoncé le projet de fusion entre Air France et Air France Europe, l'ex-Air Inter, le PDG d'Air Liberté, Lotfi Belhassine, indique à La Tribune qu'il menace de porter plainte dès cette semaine contre Air France Europe. Motif de son ire : la volonté de l'ex-Air Inter de lancer un service de vols aller-retour ininterrompus sur ses grandes lignes, Marseille, Toulouse, Nice, chacune de plus d'un million de passagers par an, face à ses concurrents. Du coup, le patron d'Air Liberté veut saisir Bruxelles, pour « abus de position dominante ». Il dénonce cette manoeuvre qui s'opère via la récupération par l'ex Air Inter de précieux créneaux horaires depuis l'aéroport de Paris-Orly, dégagés par le retrait de la compagnie intérieure de trois lignes domestiques vers Nantes, Toulon et Perpignan. Aux yeux de Lotfi Belhassine, cette mise en place des navettes, si elle se confirme, ferait d'abord perdre beaucoup d'argent à Air France Europe, donc au contribuable : « 2,5 milliards de francs peut-être », prédit-il, alors que l'ex- Air Inter a déjà perdu 667 millions lors de son dernier exercice (d'une durée de quinze mois). Un tel lancement de navettes risque aussi de fragiliser la concurrence, à commencer par Air Liberté et son récent allié AOM. La compagnie dirigée par Lotfi Belhassine, qui serait dans le rouge pour les six premiers mois de l'année, craint d'afficher un déficit à la fin de l'exercice. Les actionnaires d'Air Liberté (banque Rivaud et Indosuez en tête) voire d'AOM (le CDR qui regroupe les actifs à vendre du Crédit Lyonnais) pourraient être tentés de se retirer au profit de groupes étrangers. Certains se seraient déjà manifestés. Une recapitalisation contestée Le gouvernement, qui a encouragé la fusion entre Air France et l'ex-Air Inter, va-t-il laisser se mettre en place les navettes ? La direction du groupe Air France va-t-elle également poursuivre ce projet maintenant qu'elle a engagé le processus de fusion ? Une plainte à Bruxelles risquerait en tout cas de fragiliser Air France, toujours en attente du feu vert, d'ici à la fin juillet, de la Commission européenne pour sa dernière tranche de recapitalisation par l'Etat (5 milliards sur un total de 20). Or les grands concurrents européens, British Airways ou Lufthansa, qui pourront voler librement en France dès 1997, conteste cette ultime recapitalisation, accusant Air France de faire du dumping. Les pouvoirs publics vont donc devoir trancher, eux qui viennent d'encourager la création d'un pôle aérien privé, Air Liberté-AOM, face au groupe Air France. Ce pôle va, dès le 15 juillet, dévoiler son programme de coopération pour les vols court-moyen courriers - harmonisation des vols, des horaires, des tarifs, abonnements et fidélisation, vols en commun - et prépare pour la fin de l'année l'extension à plusieurs vols long courriers. En attendant de nouvelles synergies (maintenance des avions, travail en escale, commercialisation) voire une future fusion si les actionnaires y trouvent leur intérêt. OLIVIER PROVOST

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