AÉRIEN + Eva Air étudie l'achat d'Airbus et s'allie à General Electric

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Filiale du groupe taiwanais Evergreen, numéro un mondial du transport maritime de conteneurs, Eva Air connaît un fort développement, quelques années à peine après sa naissance, dans un pays qui compte déjà neuf transporteurs aériens, dont la compagnie nationale China Airlines. Au point d'envisager aujourd'hui l'acquisition de nouveaux avions pour compléter sa flotte de vingt-neuf appareils (Boeing 747-400 et 767, et triréacteurs McDonnell Douglas MD-11). Six autres avions en commande sont attendus. Mais Eva Air, qui ne compte encore aucun Airbus dans sa flotte, pourrait choisir de s'équiper ensuite auprès du constructeur européen. Des perspectives sérieuses. Avec ses premiers vols intervenus en 1991 vers l'Asie et l'Europe (Vienne), la compagnie - la seule au monde à proposer quatre classes à bord, dont l'une comparable à une classe affaires au prix d'un billet économie - a engrangé ses premiers bénéfices dès 1995, un an plus tôt que prévu, en transportant 3 millions de passagers. L'an dernier, ses profits ont plus que doublé, avec un effectif de 6.000 personnes, trente et une destinations dans le monde, dont sept aux Etats-Unis et cinq en Europe. « Dans les cinq prochaines années, nous aurons probablement plus que doublé le chiffre d'affaires, notamment dans le fret, qui devrait passer de 30 % à 50 % de l'activité, et nous aurons alors besoin d'une soixantaine d'appareils », précise Daniel Wu, responsable du développement. L'avionneur européen a-t-il une chance de convaincre les dirigeants d'Eva Air ? « Nous discutions déjà avec Airbus au moment de notre création, explique Daniel Wu, mais les responsables du consortium n'ont pas cru en notre avenir. Aujourd'hui, les perspectives sont plus sérieuses. Airbus dispose dans sa gamme d'une version agrandie de son quadriréacteur, l'A340-600, qui nous permettrait de relier Taipei à Paris, que nous desservons en 747 trois fois par semaine via Vienne et Bangkok, sans escale cette fois et avec une capacité en sièges moindre. » Enjeu d'autant plus important que Paris est la première destination en Europe des Taiwanais. Face à l'A340, Boeing propose son nouveau gros biréacteur 777 en version très long-courrier, qui offrirait des performances équivalentes. L'américain a déjà livré vingt et un des avions de sa gamme à Eva Air sur les vingt-neuf de sa flotte actuelle et livrera trois autres 747 prochainement. L'accord, confirmé le 30 juin, entre Eva Air et le motoriste aéronautique américain General Electric (GE) pour la création en joint-venture d'un centre de maintenance à Taipei pourrait contribuer à faire pencher la balance en faveur de Boeing, dans la mesure où GE a développé son réacteur GE90 spécialement pour le 777. Patrick Marx, à Taipei

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