Rail + La SNCF désendettée de 20 milliards contre 2.000 embauches

Le ministre (PCF) des Transports, Jean-Claude Gayssot, a annoncé hier, lors d'une conférence de presse, avoir demandé à Louis Gallois, président de la SNCF, que l'entreprise publique procède dès cette année à l'embauche de 1.000 personnes à statut cheminot et de 1.000 « emplois-jeunes » dans le cadre du plan Jospin (des moins de vingt-cinq ans engagés pour cinq ans). Dans son budget 1997, la SNCF avait déjà annoncé une « inflexion positive » de la courbe de ses effectifs qui, ces dernières années, enregistrait un solde net (départs naturels moins embauches) négatif de l'ordre de 3.500 personnes par an. Le nombre des cheminots est ainsi tombé de 200.500 en 1991 à 175.400 cette année, au cours de laquelle le solde devait encore être négatif de 2.200 agents. Mais, avec les instructions données par le ministre au président de la SNCF pour les embauches supplémentaires, 1997 marquera une rupture, l'évolution des effectifs étant stabilisée pour la première fois depuis plus de dix ans. Le coût pour l'entreprise publique se chiffre à 200 millions de francs pour les em- plois de cheminot et à 50 millions seulement pour les « emplois-jeunes » - puisque l'Etat fi- nance 80 % de leur salaire au Smic. Maintien de la réforme. Pour le reste, et selon un dispositif révélé par La Tribune dès le 30 juin, le ministre a confirmé implicitement le maintien de la réforme Pons-Idrac instituant l'établis- sement public RFF (Réseau Ferré de France) chargé du rail et des gares, aux côtés de la SNCF, société d'exploitation. Autre confirmation : la stabilisation des effectifs de l'exploitant s'accompagnera d'un nouvel effort de l'Etat en faveur de son désendettement. Après la création du RFF par le gouvernement Juppé, qui avait repris 134,2 milliards de francs de dettes liées aux infrastructures, il restait 68 milliards à la charge de la SNCF. L'Etat va en reprendre 20 milliards par transfert au service annexe d'amortissement de la dette créé en 1990 dans le budget national, ce qui allégera de 1,3 milliard les charges financières de la SNCF. Celle-ci pourrait donc bien revenir à l'équilibre de ses comptes en 1999, comme espéré par Louis Gallois. Financement du RFF. Il reste que tout n'est pas réglé. Le financement du RFF devra encore être précisé. Les 8 milliards que lui avait attribués le gouvernement précédent, puisés dans la cagnotte de la privatisation de France Télécom, seront bien versés. Mais après, les redevances que lui versera la SNCF au titre du péage pour utilisation des infrastructures suffiront-elles à financer le RFF ? Par ailleurs, les principaux syndicats de la SNCF que sont la CGT, la CFDT et le turbulent SUD-Rail réclament l'abrogation de la loi créant le RFF parce qu'ils redoutent qu'un jour un exploitant concurrent ne vienne rivaliser avec la SNCF sur les réseaux gérés par le RFF. Avec le désendettement et les embauches, le ministre communiste a rendu publiques hier des nouvelles propres à contenter les syndicats dans l'immédiat mais pas à les rassurer sur le long terme. Jean-Claude Gayssot n'a pas voulu se prononcer sur la création éventuelle d'un organisme coiffant le RFF et la SNCF afin de verrouiller « l'unicité » du ferroviaire - à laquelle il tient - et à apaiser de la sorte les inquiétudes syndicales. Patrick Marx

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