Finmeccanica, l'option privilégiée

Après avoir été ces derniers mois une cible, le groupe d'électronique de défense Thales veut désormais prendre son destin en main. Et de réactif jusqu'ici, il veut devenir un acteur proactif. C'est en quelque sorte le message que le patron de Thales, Denis Ranque, s'efforce de faire passer ces derniers semaines auprès de ses actionnaires, dont l'Etat. Et depuis la fin de l'année, le PDG de Thales travaille avec son équipe de direction, conformément à son engagement pris à l'occasion du conseil d'administration du mois de novembre dernier, sur plusieurs projets de rapprochement.Se renforcer à l'international. Dans ce cadre, le groupe examine quatre options d'opérations, selon nos informations. Si, vendredi, Denis Ranque, lors de la présentation des résultats 2004, est resté discret sur ses intentions, se raidissant même à l'évocation de certains schémas de rapprochement, il discute avec assiduité avec l'électronicien italien Finmeccanica. "Ces discussions avec Finmeccanica ne sont plus du tout embryonnaires", assure-t-on au sein du groupe. Pour l'heure, le PDG de Thales, dans son discours officiel, "n'exclut aucune piste et n'en privilégie aucune". C'est vrai que, pour le moment, Thales n'a pas encore vraiment le choix d'exclure certaines options tant que celle qui est privilégiée, Finmeccanica, n'est pas solidement approfondie par les deux partenaires. S'agissant de ce dossier, Denis Ranque a été peu disert vendredi. Il s'est contenté de rappeler que Finmeccanica est le deuxième groupe d'électronique de défense en Europe derrière Thales et que les coopérations entre les deux seraient "croissantes".Pour réussir la croissance externe de Thales, Denis Ranque a avancé vendredi trois critères qui semblent basiques mais qui ont toute leur importance via le message qu'il est censé faire passer. Selon lui, il faut que toute opération ait "un sens industriel" et "améliore tous nos métiers" en vue de "créer des synergies qui seront créatrices de valeur". Elle aura également pour objectif de "renforcer Thales en tant que systémier". Enfin, dernier critère, une opération a vocation de "renforcer la présence de Thales à l'international", notamment en Grande-Bretagne et dans des pays nouveaux. Bref, des critères qui, au final, font de l'italien Finmeccanica un partenaire idéal pour Thales.En revanche, ce n'est pas le cas d'EADS, qui fait pourtant partie des options étudiées par Denis Ranque sous la contrainte des événements de l'automne dernier. A cet égard, il a pourtant rappelé que le secteur de la défense n'est pas propice à des opérations de verticalisation (un plate-formiste et un systémier).En outre, les dernières déclarations très contradictoires des actionnaires du groupe européen (Daimler-Chrysler et Lagardère) ainsi que de Philippe Camus sur l'avenir de Thales ne sont plus très lisibles, et ne font que témoigner d'une absence très inquiétante de leadership au sein d'EADS. Ainsi l'actionnaire français de référence d'EADS a exprimé jeudi dernier une position différente de celle de Daimler-Chrysler sur un projet de fusion entre le groupe européen et Thales, affirmant que "tout est encore ouvert" quand son homologue allemand l'exclut absolument.Enfin, dans l'entourage de Denis Ranque, on estime qu'une fusion entre Thales et EADS pourrait ainsi entraîner des cessions d'actifs d'un montant de 4 à 5 milliards d'euros sur un chiffre d'affaires de plus de 10 milliards. "L'échec de l'opération en novembre dernier a été une chance formidable car ce sera très difficile pour EADS d'avoir une seconde chance", assure-t-on en interne.Michel Cabirol

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