Areva sur les rangs pour reprendre Westinghouse

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On ne peut pas se désintéresser d'un tel dossier"... C'est par ce doux euphémisme qu'Areva réagissait hier à la perspective d'une cession prochaine du concurrent américain Westinghouse. De fait, le champion nucléaire français - qui avait vu Westinghouse lui échapper en 1999 au profit du britannique BNFL - devrait être candidat au rachat de son principal challenger. "Nous étudierons le dossier dès que nous l'aurons entre les mains", confirmait hier la direction d'Areva.Selon la presse britannique, le conseil d'administration du vendeur, British Nuclear Fuels (BNFL), devrait donner son aval à la cession de Westinghouse d'ici à la fin du mois. Mise à prix : un milliard de livres (1,5 milliard d'euros). Les candidats se bousculent : outre Areva, on parle de General Electric (GE), des japonais Toshiba et Mitsubishi ou du groupe d'ingénierie américain Shaw...Leader mondial du nucléaire civil avec 11 milliards d'euros de chiffre d'affaires (contre 1,5 milliard pour Westinghouse), Areva est bien placé, sur le papier, pour reprendre Westinghouse. Mais la partie s'annonce difficile. Le prix n'est pas un problème. Avec 689 millions d'euros de trésorerie, le groupe d'Anne Lauvergeon peut obtenir les lignes de crédit nécessaires. Mais Areva aurait été "plus à l'aise" si sa mise en Bourse n'avait pas été repoussée à 2006 : "Aux Etats-Unis, nous souffrons d'une image de groupe étatique français. Il serait plus facile de nous présenter sur ce dossier en tant que compagnie cotée en Bourse", explique-t-on au siège.Car Washington n'est pas forcément disposé à laisser filer son fleuron nucléaire entre les mains d'un "frenchy". Ce à quoi Areva répond qu'il est "aussi américain que Westinghouse" avec 25 % de son chiffre d'affaires aux Etats-Unis. Dernier obstacle de taille pour Areva : si le français met la main sur Westinghouse, sa part de marché grimpera à 40 % dans les réacteurs et à 60 % dans le combustible. De quoi faire tiquer les autorités de la concurrence.GE fait donc figure de favori. Outre sa force de frappe financière, le géant américain peut compter sur le soutien de l'administration Bush. D'autant que le réacteur AP1.000 de Westinghouse est en concurrence frontale avec l'EPR d'Areva sur les quatre premières tranches du grand programme nucléaire chinois...Jean-Christophe Féraud et Andrea Morawski, à Londre

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