En Alsace, Novartis mise gros sur le Xolair

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Le centre de biotechnologie du suisse Novartis revient de loin. Inauguré hier à Huningue (Haut-Rhin) en présence du ministre de la Santé, Xavier Bertrand, le bâtiment abritera six bioréacteurs pour la culture de cellules génétiquement modifiées, destinées à la production d'un nouveau médicament contre l'asthme. Construit en 1993 par Ciba (avant sa fusion avec Sandoz qui a donné naissance à Novartis), qui comptait y produire un anticoagulant sans subir la pression des militants suisses anti-OGM, le centre est resté vide après l'échec de ce premier projet. Novartis l'a réorienté en 1999 vers ce qui allait devenir l'anti-asthmatique Xolair, pour un investissement de 150 millions d'euros. Cinquante emplois restent à créer sur place en 2006 pour compléter une équipe prévue de 300 salariés.Tension. Muni de son autorisation européenne de mise sur le marché depuis le 26 octobre, ce nouveau médicament avait effectué ses débuts aux États-Unis dès juillet 2003. Genentech, partenaire californien de Novartis pour sa mise au point, rapatriera l'ensemble de sa production à Huningue. Les autorités de santé américaines et l'Agence européenne devraient inspecter le site puis donner le feu vert au lancement définitif de la production à Huningue courant 2006."La France avait accumulé un vrai retard dans la production de lots cliniques de médicaments issus des biotechnologies, reconnaît Xavier Bertrand. Mais nous voulons combler l'écart avec les États-Unis d'où proviennent 60 % des nouveaux médicaments. La baisse des déficits que nous visons dans la loi de financement de la Sécurité sociale dégagera de nouvelles marges de manoeuvre à consacrer à l'innovation."Daniel Vasella, président de Novartis, se montre moins optimiste : "La tension entre les autorités, les industriels et les attentes de la population n'est pas en voie d'apaisement, et la situation ne va pas s'améliorer, estime-t-il. Les gouvernements font un mauvais calcul s'ils se concentrent sur le prix du médicament, qui ne représente que 10 % à 20 % des frais de santé dans la plupart des pays. Si on calcule l'impact économique du Xolair, la réduction des hospitalisations amortit largement le coût du médicament." Le nouvel anti-asthmatique de Novartis sera délivré sur prescription hospitalière. Le coût annuel du traitement d'un patient est estimé à 12.000 euros. "Le Xolair peut devenir un blockbuster à plus d'un milliard de dollars de chiffre d'affaires par an", prédit Daniel Vasella, qui estime que les médicaments issus des biotechnologies pourraient représenter 30 % du chiffre d'affaires de son groupe dans cinq ou six ans.Une aile vide du centre de biotechnologie à Huningue est prévue pour l'augmentation des capacités du Xolair ou pour lancer la production d'un autre anticoagulant monoclone issu de la recherche du groupe. "Nous n'avons pas obtenu d'aides publiques et n'en attendons pas", précise Éric Cornut, président de Novartis France. Le renforcement du centre de Huningue est prévu dès 2007 avec le lancement du Xolair sous forme injectable. Le rapatriement des processus de lyophilisation du médicament, assurés actuellement en Suisse pour de simples raisons de logistique et de sécurité, se fera dès que possible.Olivier Mirguet, à Huningue

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