Bruxelles met l'armement en concurrence

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Un véhicule de reconnaissance pour la Finlande, un véhicule sous-marin sans pilote pour le Royaume-Uni, des systèmes de simulation de feux d'artillerie pour la France, etc. Ouverte vendredi à minuit, la place de marchés publics de l'Agence européenne de défense (AED) présente plus de dix offres auxquelles peuvent postuler les industriels européens (*). Vingt-deux ministères de la Défense de l'Union européenne (UE) ont promis d'alimenter ce site en publiant leurs demandes de produits militaires sensibles, dès lors qu'elles dépassent le million d'euros.Code de conduite. La France a déjà annoncé qu'elle ouvrirait à la concurrence européenne, par ce bais, la moitié de son marché de l'armement qui pèse 15 milliards d'euros. Ces publications se font sous l'égide d'un code de conduite européen qui appelle à la transparence dans les procédures d'attribution. Mais il n'impose aucune contrainte, ni en terme de publication des marchés ni a fortiori dans le choix final des fournisseurs.Pour l'AED, ce lancement constitue toutefois un pas important vers l'Europe de l'armement. Code de conduite et place de marché enfoncent un coin dans des systèmes de commandes qui se fondent aujourd'hui essentiellement sur une préférence aux industries nationales. " Il n'y a pas d'alternative, a martelé vendredi le patron de l'agence, Nick Witney. L'industrie européenne ne progressera que si elle est autorisée à travailler au niveau du continent, si les échanges deviennent transfrontiers et si les restructurations sont également transfrontières." L'Agence compte sur la " pression des pairs " que les États vont exercer les uns sur les autres pour ouvrir les marchés. " Nul doute que, dans un premier temps, chaque participant va regarder par-dessus l'épaule des autres ", afin de connaître l'importance et la sensibilité des programmes mis en ligne, reconnaît Nick Witney. À l'automne, l'Agence fera un premier point pour vérifier si tous les États jouent le jeu en approvisionnant le site. L'AED ne compte que 24 membres, car le Danemark n'y participe pas. La Hongrie et l'Espagne, membres de l'AED, ont préféré, pour l'heure, ne pas s'engager dans le code de conduite, afin de préserver de la concurrence leur tissu de PME oeuvrant dans la défense.À la veille du week-end, le haut représentant de la politique extérieure de l'Union européenne, Javier Solana, s'exprimant dans les colonnes de notre partenaire, le quotidien allemand des affaires Handelsblatt, soulignait que les dépenses européennes en matière d'armement représentent, avec 80 milliards d'euros par an, " incontestablement beaucoup d'argent, mais cet argent est dépensé d'une mauvaise manière ". Et il soulignait que l'Agence européenne de défense devait apporter des changements.(*) http://www.eda.europa.eu/ebbwe

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