Jean-François Cirelli : " Il n'y a pas de plan B au rapprochement entre GDF et Suez "

C'est une étape importante qui se profile aujourd'hui pour les protagonistes du dossier Suez-Gaz de France. Les patrons des deux groupes, respectivement Gérard Mestrallet et Jean-François Cirelli, planchent devant la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale. Ils auront à coeur de plaider la cause d'une fusion dont le préalable, la privatisation de GDF, sera soumis à l'Assemblée le 7 septembre. Depuis que le gouvernement a été contraint par sa majorité à reporter l'examen de ce texte prévu initialement avant l'été, les tenants du mariage Suez-GDF mènent un intense lobbying pour convaincre les élus.Arrivez-vous à convaincre les parlementaires de l'intérêt de privatiser GDF ?Jean-François Cirelli. La prise de conscience de leur part des enjeux de l'opération pour Gaz de France me semble bien plus forte aujourd'hui. C'est d'ailleurs sur ce point central que Thierry Breton, qui fait un travail remarquable, Gérard Mestrallet et moi-même insistons aujourd'hui. La question posée aux parlementaires n'est pas celle de la fusion avec Suez, mais celle des moyens qu'il faut accorder à GDF pour son développement en baissant la part du capital de l'État de 70 % à 34 %. Dans un monde énergétique qui se concentre, marqué par un renchérissement constant du prix du pétrole et où les clients veulent des fournisseurs leur offrant à la fois du gaz et de l'électricité, GDF a besoin d'une liberté de mouvement pour se développer. Il manque un grand acteur à dominante gazière en Europe, nous voulons le devenir.GDF est en bonne santé financière. Ne pouvez-vous pas vous développer seul ?Suez et GDF ont autant besoin l'un de l'autre. Notre fusion gardera intactes nos capacités d'investissement, ce qui est indispensable alors que les actifs énergétiques deviennent de plus en plus chers. Avec une capacité d'investissement cumulée de 6 à 8 milliards d'euros, nous pourrons jouer dans la cour des très grands, pour une Europe de l'énergie plus performante. Et les deux groupes profiteront de leur complémentarité électricité-gaz. Quant à rechercher un autre allié, voire envisager un mariage à trois avec l'italien Enel, la question ne se pose pas. Intégrer nos deux entreprises sera déjà difficile. Il n'y a pas de plan B au rapprochement GDF-Suez.Beaucoup redoutent que cette fusion renchérisse le prix du gaz ?C'est faux. Au contraire, notre force cumulée nous permettra de mieux acheter et au meilleur prix pour nos clients.La capitalisation de Suez reste supérieure à celle de GDF, surtout depuis que son cours a reculé. Peut-on toujours parler d'une fusion entre égaux ?Notre cours a pâti de certaines incertitudes, notamment sur nos tarifs. Il y a également des mouvements spéculatifs sur la fusion. Je suis persuadé que le cours actuel de Gaz de France ne reflète pas suffisamment sa valeur intrinsèque qui est très élevée. La parité de 1 pour 1 retenue en février reflète de façon juste l'importance des deux groupes.JP Morgan doute pourtant de votre capacité à dégager comme prévu 2 milliards d'euros de résultat net en 2006...Je conteste absolument le fondement de cette analyse. Nous n'avons pas changé nos prévisions. Nous donnerons des précisions sur ce point lors de la publication début août du chiffre d'affaires du deuxième trimestre.Comment composez-vous avec l'hostilité des syndicats ?Il n'est pas surprenant que les syndicats, qui ont toujours marqué un très fort attachement à l'entreprise, soient opposés à la privatisation. C'est un sentiment que je comprends, mais il n'est pas partagé par une vaste majorité de nos collaborateurs qui approuvent le projet industriel de l'entreprise.N'est-il pas risqué de lancer un tel chantier alors que la décision de la Commission européenne sur la fusion n'est pas attendue avant l'automne ?Nous négocions de façon très professionnelle et technique avec la Commission. En l'état actuel de ces discussions, je n'ai pas le sentiment que Bruxelles pourrait remettre en cause un projet qui apporte davantage de concurrence sur le marché européen.

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 0

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.