Michel Gardel, l'homme de l'offensive Toyota en France

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Les crises, il connaît. Michel Gardel a naguère présidé aux destinées dans l'Hexagone de Rover, constructeur britannique disparu en 2005, puis de Fiat Auto, dans les moments de crise du groupe italien. Alors, évidemment, depuis qu'il est chez Toyota, la sérénité est de mise.PDG de la filiale française, Michel Gardel, 54 ans, jouit cette fois des énormes moyens financiers du numéro un automobile mondial, d'une large gamme de produits globalement séduisants, d'une image écologique grâce aux véhicules hybrides et d'une réputation de fiabilité attestée par maintes enquêtes auprès des consommateurs. Avec, cerise sur le gâteau, un statut, en attendant l'aura, de constructeur hexagonal grâce à l'usine de Valenciennes qui fabrique la petite Yaris.CROITRE ET MULTIPLIERCe diplômé de sciences politiques, titulaire d'un doctorat en droit des affaires, n'a pas eu à entreprendre ici une restructuration des réseaux comme chez Rover ou de délicates et continuelles négociations comme chez Fiat. Après les relations parfois difficiles avec ses anciens employeurs, tournés vers la survie au jour le jour, il dit " apprécier la vision à long terme " du constructeur japonais. Avec Toyota, un seul objectif : croître et multiplier, mais sans coup d'éclat ou précipitation, " à travers la recherche permanente du consensus ".De fait, entre 2002, date de son arrivée à Vaucresson (siège de Toyota France), et 2006, ce fils de météorologiste volubile, familier de la tape sur l'épaule, au tutoiement facile, a galvanisé ses équipes. " Les ventes sont passées de 68.000 à 103.538 unités. " La plus forte croissance parmi les grands constructeurs, et de loin. Cette année, " les volumes devraient atteindre les 108.000, battant pour la quatorzième fois consécutive le record annuel ". Sur les cinq premiers mois, Toyota (et son label de luxe Lexus) a largement dépassé le groupe Fiat (hors utilitaires) et se rapproche désormais à grands pas de GM. Ses immatriculations sont quatre fois plus élevées que celles de son compatriote Nissan.La Yaris, que Michel Gardel présente obstinément comme une " voiture française ", a même " dépassé les objectifs fixés pour l'an dernier ". Ce modèle en vogue représente à lui seul près du tiers des ventes totales de Toyota France. " La plupart des modèles réalisent d'ailleurs des performances supérieures aux prévisions initiales ", tel le Rav4, qui est depuis longtemps le 4x4 le plus populaire dans l'Hexagone. Autres succès : la célèbre Prius hybride (plus de 5.000 immatriculations en 2006), consacrée comme la voiture la plus appréciée des automobilistes français par la dernière étude du consultant reconnu J.D. Power.Conséquence, Toyota France manque souvent davantage de voitures que de clients. Cela touche même les produits de niche. Ainsi, la toute nouvelle limousine de prestige hybride Lexus LS 600h de 445 chevaux a " déjà fait l'objet de 51 ventes ", malgré son tarif (126.500 à 136.000 euros), " alors même que l'usine nippone ne pourra en livrer que 40 dans l'Hexagone d'ici à la fin 2007 ". Michel Gardel a remis dernièrement les clés d'un des premiers exemplaires au prince Albert de Monaco.FERU DE GEOSTRATEGIE Dans ces conditions, ce fin connaisseur de l'automobile, qui a démarré dans le secteur en 1980 chez Ford, ne peut qu'entretenir de bonnes relations avec un réseau de distribution dont la rentabilité est aiguillonnée par l'envolée des volumes. Sans doute l'un des rares dans la profession. L'enquête annuelle d'Auto-Infos sur la satisfaction des concessionnaires vis-à-vis de leur constructeur a classé Toyota au deuxième rang l'an dernier, derrière BMW. Une marque dont Michel Gardel a été neuf ans directeur général commercial, avant que le groupe bavarois ne l'envoie faire le ménage chez Rover France, sa filiale à l'époque.Très à l'aise avec les journalistes comme les concessionnaires, avec lesquels il ne cesse de plaisanter pour écarter savamment les questions indiscrètes, très introduit dans le Tout-Paris politico-économique, ce passionné de géostratégie internationale ne s'occupe pas que d'automobile. Il est en effet membre et administrateur de la revue Politique internationale ainsi que de l'Institut Choiseul, cercle de réflexion sur les grandes questions stratégiques mondiales.

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