Arelec aimante la croissance

 |  | 513 mots
Lecture 2 min.
Après vingt ans à passer de main en main à la faveur de diverses cessions suivies de plusieurs LBO, Arelec pourrait avoir trouvé une stabilité capitalistique.Nicolas Donjon, son nouvel actionnaire de référence depuis un peu moins de deux ans, a en effet entrepris de repositionner cette entreprise afin de consolider son activité, qui avait fini par se fragiliser avec le temps. Comptant plus de cinquante ans d'existence, cette société béarnaise est spécialisée dans la conception et la production de produits aimantés - elle est l'unique fabricant français de plasto-aimants. Arelec avait, au milieu des années 80, pris un tournant straté-gique majeur qui l'avait conduite à se spécialiser dans l'automobile, en délaissant progressivement les fermetures magnétiques sur lesquelles elle avait construit son succès." Le secteur automobile est très concurrentiel et demande des investissements énormes pour une PME comme la nôtre qui y a perdu une bonne partie de son énergie, souligne Nicolas Donjon. Ce qui explique que depuis plusieurs années nous perdions 3 à 4 points de chiffre d'affaires annuel. "Et s'il n'a nullement l'intention de prendre un nouveau virage en abandonnant un secteur qui représente encore 25 % de son chiffre d'affaires, il entend bien rééquilibrer son activité. D'autres secteurs industriels sont visés comme l'électronique et l'automation mais aussi les produits de quincaillerie, la fourniture industrielle, la décoration et la signalétique... " Les aimants sont des composants que l'on retrouve pratiquement partout, assure Nicolas Donjon. Nous avons l'embarras du choix. Et nous avons décidé d'être pragmatiques c'est-à-dire d'aller là où le marché est le plus ouvert. " D'autant que la PME ne craint guère une concurrence mal organisée.FORME ET DESIGNLa société a créé une cellule marketing qui jusque-là lui faisait défaut et deux business units, l'une pour l'industrie et l'autre pour la grande distribution, afin d'ajuster sa création à de nouveaux produits à la demande. Car, dans ce métier, la valeur ajoutée réside pour beaucoup dans la mise en forme et le design. " Ce n'est pas un produit technique c'est un produit marketing ", aime à dire Nicolas Donjon.Sa nouvelle stratégie semble réussir à la société. Son chiffre d'affaires progresse désormais de façon significative. Plus de 5 % déjà, à périmètre comparable, pour son dernier exercice clos en mai dernier et plus 10 % cette année si elle atteint ses objectifs. Ces résultats vont permettre à Arelec de s'attaquer à d'autres grands chantiers : la distribution d'abord qu'elle doit impérativement réorganiser ; l'international ensuite (26 % de son activité) qu'elle entend renforcer ; et l'outil industriel, enfin, qu'elle va devoir repenser si elle veut atteindre son objectif qui est de " doubler sa taille en trois ans ".Car si Nicolas Donjon estime que, sous la pression des clients, il sera certainement contraint d'augmenter la part de 30 % de production que l'entreprise délocalise déjà dans des pays à bas coût de main-d'oeuvre (comme la Chine), il entend cependant conserver à Pau la maîtrise de la fabrication des produits à forte valeur ajoutée.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :