Géos propose des cerveaux et des muscles aux entreprises

Géos a fêté hier, 30 janvier, ses dix ans d'existence. Et les cadeaux ne manquent pas pour accompagner le gâteau d'anniversaire. Le chiffre d'affaires de cette société spécialisée dans la gestion des risques pour les entreprises a crû de 49 % l'an dernier, à 26,4 millions d'euros, selon le bilan clos en août 2007. Et pour l'exercice en cours, Géos espère une croissance de 30 % encore. Au long des cinq dernières années, l'activité a doublé.Ces chiffres témoignent d'un carnet de route déjà bien rempli, avec des missions qui fleurent parfois l'aventure : évacuation d'un petit groupe d'expatriés d'une entreprise agroalimentaire isolée dans la forêt du Liberia, en pleine guerre civile ; sécurisation de la construction d'un pipeline entre le Tchad et le Cameroun ; soutien au groupe Thales, chargé par l'Otan de déployer un réseau de télécommunications en Afghanistan, etc. La PME, qui revendique 310 salariés, propose aux entreprises de protéger à la fois leurs sites, leur personnel et leur image.Elle met à disposition vigiles et gardes du corps. Mais aussi des informations concernant les pays d'implantation : évolutions politiques, conditions sanitaires, législation, etc. Elle dispose également d'un service d'intelligence économique, c'est-à-dire capable de détecter des manoeuvres de déstabilisation ou d'enquêter sur les pratiques d'un concurrent. " La sécurisation et l'intelligence économique sont effectivement deux métiers différents, employant des personnes aux profils différents ", reconnaît Stéphane Gerardin, président du groupe. Les synergies ne sont pas évidentes à mettre en oeuvre. " Mais ces deux métiers connaissent une croissance similaire. Les maîtriser ensemble nous permet de faire une offre globale à nos clients ", précise le dirigeant.Géos doit prêter une attention particulière à la gestion d'un personnel très divers et largement expatrié. Les " officiers de sécurité " sont souvent issus de l'armée ou de la police. Mais Géos fait aussi appel à des compétences extérieures. L'entreprise peut ainsi sélectionner, pour un client, des sociétés locales autorisées par leur administration à être équipées d'armes de défense - alors que le personnel de Géos n'est pas armé. Ce type de recrutement demande un soin particulier pour éviter tout dérapage.Les spécialistes de l'intelligence économique viennent, eux, de tous les horizons : universitaires, économistes, chercheurs, financiers, etc. Pour maîtriser des recrutements hors de l'Hexagone, aux quatre coins de la planète, la société s'efforce d'instiller un " esprit d'entreprise " commun à toutes ces équipes. Surtout et y compris pour qu'elles soient guidées par une même éthique dans la réalisation de missions délicates.CONCURRENCER LES LEADERS NOTAMMENT EN AMERIQUE LATINECar disposer d'équipes de confiance est d'autant plus indispensable au moment où Géos rêve d'aller chatouiller ses grands concurrents américains ( Blackwater , l'agence Kroll , etc.) sur leur propre terrain, notamment en Amérique latine." Nos homologues anglo-saxons sécurisent les implantations d'entreprises à l'étranger en les " bunkérisant ", analyse Stéphane Gerardin. Nous, nous pensons quela sécurisation d'une entreprise dans la durée passe par d'autres moyens, comme l'insertion dans le tissu local, grâce à de l'aide au microcrédit, à l'achat de matériel sur place, etc. Bref, en intégrant les populations locales dans ces projets. " Géos voudrait imprimer sa French touch dans le monde très anglo-saxon de la gestion des risques.Le drapeau tricolore, un argument de vente" Il existe un vrai besoin de gestion des risques pour les entreprises françaises, qui sont assez vulnérables ", estime Stéphane Gerardin, président de Géos. La mondialisation entraîne une multiplication des implantations hors des frontières françaises. Et ce, alors même que l'État limite ses interventions extraterritoriales. " Or, jusqu'à une période récente, seuls des cabinets anglo-saxons proposaient leurs services sur ces sujets sensibles, précise le dirigeant. Cette situation ne satisfait pas toujours nos entreprises nationales. " Géos affiche donc son drapeau tricolore et son indépendance comme argument commercial : le capital du groupe est détenu à 66 % par ses fondateurs (Stéphane Gerardin et Thierry Laulom) et à 34 % par le holding financier Continental Risk, dirigé par Guillaume Verspieren, issu d'une riche et célèbre famille du nord de la France.

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