Sorepla fait du neuf avec les vieux plastiques

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Dans le cercle vertueux du recyclage, Sorepla a essuyé bien des plâtres - comme souvent les pionniers. Car cette entreprise de Rebeuville (Vosges) a été l'une des premières à s'adosser à la loi Lalonde de 1992 interdisant, à compter du 1er juillet 2002, la mise en décharge des déchets bruts. Aujourd'hui, elle est numéro un du recyclage plastique en France. Chaque année, elle traite 55.000 tonnes de flacons et bouteilles dans son usine, issus du tri sélectif des ménages, soit un quart du marché français. Les déchets sont triés, broyés, lavés avant d'être transformés en paillettes. " Notre objectif est de sortir un produit qui soit le plus pur possible. Pour ce faire, nous utilisons toute une batterie d'équipements. À commencer par du matériel à infrarouge, pour séparer au triage le plastique... de l'ivraie ", explique Christian-Yves Crepet, le directeur général.Les paillettes produites en fin de chaîne sont transformées à 65 % en feuilles de plastique et utilisées pour l'emballage. Le reste, souvent d'une qualité inférieure, sert àfabriquer des fibres synthétiques utilisées dans les édredons et les moquettes de voiture. Paradoxalement, cette matière, qui provient à 80 % du tri sélectif organisé en France, est exportée et transformée à 85 % dans d'autres pays d'Europe de l'Ouest, principalement en Espagne, en Italie et au Portugal.En dépit d'une vive concurrence, Sorepla a toujours gardé ses positions. Après un trou d'air en 2001, qui a suivi un investissement de 9 millions d'euros, dont deux en augmentation de capital, la PME n'a cessé de faire la course en tête. En six ans, elle a triplé son chiffre d'affaires, arrêté à 24,9 millions d'euros en 2007. Parallèlement, elle a créé 22 emplois durant la même période. " Nous comptons désormais 90 salariés ", précise Christian-Yves Crepet , qui souhaite maintenant enclencher une nouvelle étape de développement : " L'avenir, c'est la décontamination des plastiques. Cette matière qui garde tout en mémoire est très difficile à purifier. Seul le nettoyage sous vide, à très forte pression, permet un nettoyage parfait. C'est ce vers quoi nous allonsinvestir. "" VALORISER LES PAILLETTES "Quatre millions d'euros vont être consacrés à ce projet qui devrait être opérationnel pour la fin de l'année 2009, ou le début de 2010 au plus tard. " Avec cet équipement, nous aurons la capacité de décontaminer 60 % de nos déchets, soit environ 30.000 tonnes ", prévoit Christian-Yves Crepet. Une perspective qui risque de singulièrement chambouler la clientèle de Sorepla. " Les paillettes décontaminées, c'est la porte ouverte au marché de l'agroalimentaire. Un marché gigantesque et, qui plus est, à plus forte valeur ajoutée ", souligne l'entrepreneur, qui observe avec une certaine inquiétude la forte pression que subit la matière première. " Aujourd'hui, la tonne de plastique à recycler se négocie à 260 euros, mais les prix devraient très vite passer la barre des 400 euros ", observe-t-il. Une évolution qui incite Sorepla à se battre davantage sur la qualité des produits et à aller vers d'autres diversifications. " Nous réfléchissons à l'idée de valoriser nos paillettes pour les transformer nous-mêmes en feuilles de plastique, voire à nous intéresser à d'autres produits à recycler. "Le n° 1 français du recyclage plastiqueLa société traite actuellement 55.000 tonnes de déchets issus du tri sélectif. Ces déchets sont transformés en paillettes ou granulés, qui eux-mêmes sont utilisés pour produire des feuilles de plastique - destinées à l'emballage dans 65 % des cas, le reste devenant des flacons, des fibres synthétiques pour rembourrer des édredons ou tisser des moquettes de voiture. Son chiffre d'affaires est en pleine croissance : il a triplé en six ans, à 24,9 millions d'euros fin 2007. L'entreprise compte 90 salariés, soit 22 de plus qu'en 2001. Elle va investir quatre millions d'euros dans un équipement de nettoyage sous vide à forte pression pour produire des paillettes décontaminées, ce qui lui ouvrira le marché de l'emballage alimentaire, plus grand et à plus forte valeur ajoutée.Le prix de l'ambitionCe prix national, créépar la Banque Palatine en partenariat avec " La Tribune " et le soutien du groupe HEC, est destiné à valoriser la réussite et les initiatives des dirigeants de PME-PMI sur le plan régional, national et international. Six jurys régionaux ont distingué des lauréats dans trois catégories - croissance, internationalet reprise - et accordédes " coups de coeur ".Les lauréats de la région Nord-Est ont reçu leur trophée hier soir à Reims. Un jury national désignerales trois lauréats nationauxdu Prix de l'ambition ainsique le lauréat du Prix spécial du jury. Ils recevront leur trophée, à Paris, le 10 avril.

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