Le niveau d'investissement dans les infrastructures est " dramatiquement bas "

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Le constat est sans appel. " Avec seulement 200 millions d'euros par an consacrés aux infrastructures interfrontalières dans l'électricité, soit 0,5 % du budget annuel des réseaux électriques en Europe, en Norvège, en Suisse et en Turquie, les investissements sont dramatiquement bas ", dénonce la Commission européenne. Elle pointe du doigt le cloisonnement national des responsabilités de gestion des flux et la faiblesse des capacités d'échange. De véritables freins, selon elle, à l'ouverture à la concurrence et à la création d'un marché unique de l'énergie. À ce rythme, prévient la Commission, les problèmes de congestion du réseau vont s'intensifier et entraîneront " des hausses de prix de l'énergie ". De fait, on est encore loin des objectifs fixés par Bruxelles, qui estime les investissements nécessaires entre " 700 et 800 millions d'euros par an " dans les inter-connexions en électricité. Et les accords de Barcelone de 2002 fixant le niveau minimum d'interconnexions entre les États membres à 10 % ne sont pas respectés. Aujourd'hui, l'Espagne et la Grande-Bretagne, notamment, font encore figure de " péninsules électriques " en important chacune seulement 3 % de leurs besoins. Cette déficience dans l'électricité est aussi vraie dans le transport de gaz. Globalement, la Commission évalue les besoins en investissement à " au moins 30 milliards d'euros d'ici à 2013, dont 6 milliards dans l'électricité et 19 dans le gaz".PROPOSITION DE RELANCEPour tenter d'accélérer la construction du réseau transeuropéen jugé " trop lent ", la Commission devrait-elle présenter mercredi un " plan d'interconnexions hautement prioritaires " parmi les 314 identifiés en Europe. Et débattre des obstacles qui bloquent l'intensification des échanges. La question délicate du financement sera au coeur du débat. Pour encourager l'investissement, la Commission veut imposer la séparation patrimoniale entre opérateurs et gestionnaires de transport. Pour autant, elle devrait proposer une solution intermédiaire baptisée " ISO " (système indépendant de gestion) qui permettrait aux producteurs de céder la gestion tout en conservant la propriété du réseau de transport. Le gestionnaire du réseau pourrait, pour sa part, fixer en accord avec le régulateur les investissements à réaliser. Mais à la charge du producteur de les financer. Une alternative qui serait un moindre mal pour les opérateurs d'États comme la France, l'Allemagne et l'Autriche qui fonctionnent encore sur un modèle intégré.

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