Acomplia : Sanofi-Aventis bat en retraite aux États-Unis

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Plutôt que de subir un nouvel affront, cette fois officiel, Sanofi-Aventis a préféré prendre les devants sur le dossier du Rimonabant, sa pilule antiobésité, vendue en Europe sous la marque Acomplia. Le 13 juin, un comité d'experts de la Food and drug administration (FDA), l'autorité sanitaire américaine, avait recommandé à l'unanimité de repousser une éventuelle autorisation de mise sur le marché américain du Rimonabant. Motif invoqué : la prise du médicament pourrait accroître les risques de comportement suicidaire et de dépression.La FDA devait rendre publique sa décision définitive, vraisemblablement négative, aux alentours du 26 juillet. Mais Sanofi-Aventis a annoncé vendredi soir " sa décision de retirer le dossier [d'homologation] du Rimonabant aux États-Unis ". Officiellement, le groupe pharmaceutique français ne renonce pas. Il entend " soumettre [ce dossier] à la FDA à une date ultérieure " et compte " déterminer [avec elle] les modifications requises pour son dossier ". Au final, il se dit " déterminé à faire tous les efforts pour rendre le Rimonabant accessible sur le marché américain ". La commercialisation de sa pilule antiobésité aux États-Unis n'en est pas moins désormais repoussée aux calendes grecques.UN AVENIR "DEFINITIVEMENT COMPROMIS"Un analyste de Nomura Code Securities, cité par Reuters, estime même que son avenir comme traitement de l'obésité est " définitivement compromis ". Or, le Rimonabant, dont le développement a coûté près de 590 millions d'euros, devait permettre au groupe français de réaliser entre 1 et 2,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires aux États-Unis d'ici à 2010. Et s'il y a un marché de l'obésité, c'est bien le marché américain.En outre, Sanofi-Aventis n'est pas au bout de ses peines. L'Agence européenne pour l'évaluation des médicaments a réinitié un examen de l'Acomplia, dont elle avait autorisé la commercialisation dans l'Union européenne en juin 2006. Son avis est attendu le 19 ou le 20 juillet. Conscient de l'enjeu, Sanofi a indiqué vendredi soir, en parallèle, qu'il lui soumettait une " mise à jour des données de tolérance " du Rimonabant.S'il est privé d'importantes recettes sur ce médicament, Sanofi-Aventis risque de devoir effectuer un virage stratégique, : rachat d'une société de biotechnologie, restructuration pour réduire les coûts, voire une fusion, par exemple avec Bristol-Myers Squibb.

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