Bras de fer au " Monde " entre Alain Minc et les salariés

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Le Monde est entré dans une nouvelle zone de turbulences. Après la crise Plenel, la crise Colombani, la crise Minc. Malgré un vote négatif sur sa reconduction à la présidence du conseil de surveillance du groupe de presse, Alain Minc n'entend pas céder sa place et menace de saisir la justice. Un comportement " affligeant " pour les salariés du groupe de presse emmenés par la Société des rédacteurs du Monde (SRM). S'il était soutenu officiellement par les actionnaires externes (Jean-Louis Beffa de Saint-Gobain, Etienne Pflimlin du Crédit Mutuel...), Alain Minc s'était vuinfliger la semaine dernière unemotion de défiance des salariés du Monde qui lui reprochent la gestion du groupe et sa proximité avecNicolas Sarkozy.Pour être reconduit, l'homme d'influence devait obtenir, selon les statuts du Monde, la majorité absolue du conseil, soit 11 voix sur les20 des administrateurs. Mais jeudi dernier, si les 10 administrateurs externes ont voté en sa faveur, 7 administrateurs internes ont voté contre et 3 se sont abstenus. Problème : le résultat du vote, donnant la majorité relative à Alain Minc, a été interprété de manière différente par ce dernier ainsi que par le président de séance, Claude Perdriel. Celui-ci a ainsi déclaré le président du conseil réélu, provoquant l'ire des administrateurs internes qui ont quitté avec fracas la séance (cf. " La Tribune " du 29 juin). Les justifications de Claude Perdriel aux salariés du Nouvel Observateur (qu'il préside) le lendemain, reconnaissant " ne pas être spécialiste des statuts juridiques du journal ", n'ont pas empêché le feu de prendre.MARGES DE MANOEUVRE REDUITESAlain Minc dénonçait le chantage de la rédaction, arguant que Le Monde se trouvait sans directeur. Pierre Jeantet, qui doit succéder à Jean-Marie Colombani - évincé fin mai par le personnel opposé notamment à sa stratégie d'acquisitions -, n'avait en effet pu être élu lors du conseil de jeudi. Soucieuse que " Pierre Jeantet ne soit pas pris en otage ", la SRM a réussi à ce qu'un nouveau conseil de surveillance soit convoqué ce matin. Alain Minc ne sera pas présent et seule l'élection du président du directoire du Monde est inscrite à l'ordre du jour.Pierre Jeantet élu, Le Monde sera en état de marche, avec Bruno Patino comme vice-président et Éric Fottorino au poste de directeur du Monde. Et du coup, les marges de manoeuvre d'Alain Minc s'amenuisent. " Minc s'accroche à son poste, car c'est la plus belle carte de visite de la place de Paris. Mais il prendrait un risque certain en saisissant la justice, car les statuts juridiques du Monde sont parfaitement clairs, il lui fallait 11 voix ", souligne un professionnel du secteur.La partie s'annonce serrée pour Alain Minc, 58 ans, qui préside le conseil de surveillance depuis 1994. D'autant qu'il est aussi vivement contesté au sein du groupe Le Monde par les salariés de PVC, éditeur de Télérama, et par ceux de Courrier international.

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