Le tramway, symbole du renouveau de la cité phocéenne

Ça y est, il fonctionne. Attendu depuis des années, le tramway circule dans les rues de Marseille. Pas sur les trois lignes comme initialement prévu, mais sur deux portions de deux lignes, longues de huit kilomètres. Pour les trois kilomètres manquants, les Marseillais devront attendre 2008, puis probablement les années 2012 à 2015 pour la troisième ligne. Le temps que la communauté urbaine de Marseille se donne un peu d'air financièrement.La cité phocéenne a dû racler les fonds de tiroir pour trouver les 468 millions d'euros nécessaires à ces deux premières lignes, sans compter les 446 millions d'euros consacrés à l'extension du métro. Marseille redémarre, mais manque cruellement de carburant. Pourcacher sa misère et favoriser ladynamique actuelle de la ville,la municipalité joue sur le visible.Fabriqué en Autriche par Bombardier, le tramway fait la part belleà l'esthétique, d'où un surcoûtd'environ 10 %.LA CANEBIERE EN DESHERENCEPlus qu'un simple outil de transport en commun, ce tramway se veut le symbole du renouveau de la ville. Il marque sa requalification urbaine, avec deux axes forts : redonner un peu de lustre au Ier et Ve arrondissements, avec notamment une Canebière en pleine déshérence, et relier l'hyper-centre de Marseille à son nouveau quartier d'affaires, Euroméditerranée. C'est là que la municipalité a choisi de tout miser.Pas tout à fait un hasard. Renaud Muselier, premier adjoint chargé du dossier du développement du tramway est également président de l'Établissement public d'aménagement d'Euroméditerranée. Un projet qui lui tient à coeur, qui mobilise toutes les énergies de la ville et qui a obtenu le soutien de grands investisseurs internationaux, de Lone Star à Eurazeo.Ce programme d'intérêt national est lancé depuis plus de dix ans. Il concerne l'arrière-port de Marseille, sur une zone de 310 hectares allant jusqu'à la gare Saint-Charles. Un périmètre où prédominaient squats, hangars et entrepôts. Jamais, depuis la construction de La Défense, un projet aussi vaste n'a été entrepris en France. Avec déjà plus de 150.000 m2 debureaux commercialisés, quatre immeubles neufs construits, Euroméditerranée constitue aujourd'hui le moteur de Marseille, de sa nouvelle économie. Il attire banquiers, assureurs, opérateurs de télécoms...CREATION DE 20.000 EMPLOISDe 2008 à 2010, les programmes se succéderont, avec notamment Coeur Méditerranée (20.000 m2), le Sextant (10.200 m2), Euromed Center (70.000 m2), SAS Suède (73 ; 000 m2), les Terrasses de la Mer (15.000 m2), le Silo (13.000 m2). Euroméditerranée se donnera des allures de petit Manhattan où pousseront face à la mer des immeubles d'une dizaine d'étages et trois tours de plus de 25 étages, très haut de gamme, destinées à une clientèle internationale. Au total, le programme mobilisera 4 milliards d'euros d'investissements publics et privés. La municipalité s'est fixé comme objectif d'attirer 12.000 habitants et la création de 20.000 emplois d'ici à 2015. Bureaux, logements, commerces, espaces publics, musée, gare TGV... et bien sûr tramway vont faire de ce quartier le second centre-ville de Marseille. Sans même reprendre son souffle, l'établissement public a obtenu d'étendre son emprise sur 250 hectares supplémentaires. Objectif : réconcilier définitivement la ville et son port.

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