Le modèle d'alliance locale imposé en Chine critiqué par des groupes étrangers

Le modèle ne devient-il pas trop risqué ? La question se fait insistante parmi les entreprises étrangères qui ont monté des sociétés communes avec des homologues chinois - une structure souvent imposée par les autorités. L'affaire Danone avait déjà marqué les esprits : le groupe français est en procès avec Wahaha, l'un de ses principaux partenaires en Chine, auquel il reproche de vendre pour son propre compte des produits réservés en principe à leur joint-venture. Fiat rencontre également des problèmes. Le constructeur italien va probablement rompre son accord avec Nanjing Automobile. Depuis qu'elle a racheté les actifs de MG Rover à l'été 2005, la société chinoise ne serait guère pressée de se mobiliser et d'investir comme elle l'avait promis dans son projet commun avec Fiat. À cet égard, le secteur automobile se trouve en première ligne : tout constructeur étranger désireux de produire en Chine a pour obligation de créer un joint-venture à 50-50 avec un partenaire national.DERAPAGECet accès aux technologies étrangères conduit certains industriels chinois peu scrupuleux à déraper. " De nombreux modèles chinois tels la QQ de Chery ou les copies de la Honda CR-V sont issus d'un transfert de technologie non voulu et totalement gratuit. Il permet à des sociétés chinoises de se développer à moindre coût en attendant de pouvoir investir en R&D, ce que quelques-unes commencent à faire ", rappelle un expert chinois du secteur. Le fonctionnement même des joint-ventures ne va pas sans heurt. Les groupes étrangers héritent souvent d'effectifs chinois pléthoriques et peu ou mal qualifiés, en provenance du partenaire. Ce qui impose de lancer de lourds et coûteux programmes de formation.La difficulté se retrouve au niveau des postes à responsabilité. Des centaines de joint-ventures voient débarquer des cadres catapultés hors de leur domaine de compétence. Placardisés, ils ont au moins l'avantage de ne pas nuire au développement de la société. Sinon, les risques peuvent être importants. " Lors de la création des joint-ventures, il faut toujours chercher à se réserver les postes de direction opérationnelle et financière, avertit un vieil habitué des affaires en Chine. Cela évite de voir l'activité prendre des directions farfelues et surtout de découvrir de mauvaises surprises comme des détournements de fonds. "UNE AIDE EGALEMENT POLITIQUEPour autant, le modèle du joint-venture présente des avantages que certains continuent à trouver majeurs. " Le fait d'avoir choisi les bons partenaires à notre arrivée dans le pays nous a fait gagner de nombreuses années dans notre compréhension du monde chinois, assure Éric Legros, président des opérations de Carrefour en Chine. Même si nous nous sommes séparés d'une dizaine d'entre eux ces derniers mois, nous voulons garder un noyau dur de partenaires historiques. "C'est cette connaissance du terrain qui motive en premier lieu les entreprises étrangères. Certaines relèvent les atouts que leur joint-venture tire à l'exportation : " Notre partenaire nous soutient pour trouver des financements privilégiés ", expliquait récemment Gérard Dega, le président du joint-venture entre Alcatel et Shanghai Bell, derrière lequel se cache le gouvernement chinois. " Son aide est également politique : nous profitons des efforts diplomatiques chinois dans une trentaine de pays. "

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