Paris et Berlin imaginent tous les scénarios pour réformer EADS

Tout est ouvert. Si tous les protagonistes du dossier EADS, ses actionnaires de référence - l'État français, Lagardère, Daimler - et l'État allemand étroitement impliqué, sont d'accord pour réformer la gouvernance bicéphale franco-allemande du groupe, rien n'est en revanche tranché sur la répartition des rôles entre les deux parties et l'organigramme qui en découlera.Aujourd'hui, EADS compose avec deux chairman, Arnaud Lagardère et Rüdiger Grube , et deux présidents exécutifs, Tom Enders, et Louis Gallois, ce dernier coiffant également la présidence de la filiale Airbus. Les discussions sont intenses pour arriver à un accord avant la rencontre du 16 juillet à Toulouse entre le chef de l'État Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel, Lagardère et Daimler. Une annonce devrait être faite ce jour-là. Mais laquelle ? " Au pire, explique un proche du dossier, il sera dit que toutes les parties sont d'accord pour négocier une nouvelle gouvernance. A u mieux, tout est ficelé et le nouvel organigramme sera annoncé avec mise en place soit à effet immédiat soit à la fin de l'année. "" UN VRAI CASSE-TETE "Selon un négociateur français, " c'est un vrai casse-tête ". " L'objectif est d'en finir avec le bicéphalisme tout en maintenant le principe d'équilibre franco-allemand sans que personne soit lésé ", poursuit-il. L'idée est d'avoir un seul président du conseil d'administration (chairman) et un seul président exécutif, qui pourrait passer par une répartition de ces deux fonctions entre les deux camps. Avec un système d'alternance à la clé.Une gouvernance classique avec un chairman allemand et un président exécutif français avait déjà été imaginée par les fondateurs d'EADS en 1999, avant l'étonnement de Jean-Louis Lagardère de ne pas voir son nom dans l'organigramme. Ce qui entraîna la coprésidence du conseil, puis celle de la direction opérationnelle, au nom du paritarisme absolu. Aujourd'hui, une multitude d'hypothèses sont étudiées. Dont celle, évoquée hier par les Échos, attribuant la présidence du conseil d'administration à Rüdiger Grube et celle de la direction opérationnelle à Louis Gallois, laissant sur le carreau Tom Enders, et Arnaud Lagardère. Ce dernier ne semble pas du tout d'accord pour renoncer à jouer un rôle dans EADS. Quant à Tom Enders, le groupe a démenti son effacement, pendant que celui-ci, soutenu par Berlin et Daimler, déclarait ne pas être " impressionné ".UNE DIZAINE DE JOURS POUR DENOUER L'ECHEVEAUDerrière la question de la gouvernance d'EADS, il y a aussi celle d'Airbus, piloté aujourd'hui par Louis Gallois et Fabrice Brégier. Les Allemands pourraient-ils en demander la direction ? Un scénario impensable côté français après le fiasco de l'A380 sous la présidence de Gustav Humbert. Que faudrait-il alors donner en compensation ? Qui succéderait à Louis Gallois s'il prenait la direction opérationnelle unique d'EADS ? Quel sera le rôle du numéro deux d'Airbus Fabrice Brégier ? Il reste une dizaine de jours à Paris et Berlin pour dénouer l'écheveau des problèmes.

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