Bruxelles revient à la charge pour réformer la viticulture

Bruxelles met de l'eau dans son vin. Dans sa proposition présentée aujourd'hui, la commissaire à l'Agriculture, Mariann Fischer Boel, fixe à l'Union européenne un objectif d'arrachage de 200.000 hectares de vigne sur cinq ans. Un chiffre divisé par deux par rapport à la proposition initiale de la Commission, vivement débattue l'an passé.L'économie réalisée sur les primes à l'arrachage devrait être injectée dans la promotion de la viticulture européenne. La Commission table sur la mobilisation de 120 millions d'euros chaque année dans cette politique de soutien. De plus, Bruxelles maintient la suppression des subsides à l'export et la liquidation du financement des distillations de crise. Selon Mariann Fischer Boel, cet ensemble de mesures permettra à la viticulture européenne de lutter contre la surproduction en interne et de regagner des parts de marché à l'extérieur, face aux " vins du nouveau monde ".PLANTATIONS A PARTIR DE 2014Soucieuse de prouver sa confiance en l'avenir du secteur, la commissaire propose de laisser le champ libre à de nouvelles plantations de vignes, dès 2014 - c'est-à-dire après que les producteurs les moins compétitifs auront, théoriquement, profité des incitations à quitter le marché.Toujours dans un souci d'arrondir les angles avec les États producteurs, la commissaire danoise souhaite leur laisser des marges des manoeuvres. Ils disposeront chacun d'une enveloppe nationale pour financer ces mesures. À eux de gérer les arrachages avec leurs producteurs.Malgré certains amendements du nouveau texte, Bruxelles ne coupera pas à de vifs débats. Preuve de la sensibilité du sujet, il divise jusqu'à la Commission même. De franches discussions risquent de s'y dérouler ce matin. La commissaire autrichienne et son homologue luxembourgeoise se font ainsi les porte-parole de leurs petits pays producteurs, soucieux que la clé de répartition des enveloppes nationales n'avantage pas trop les grands États viticoles - France, Italie et Espagne. Un avant-goût des débats qui se dérouleront avec les Vingt-Sept. Bruxelles souhaite toutefois que la réforme entre en vigueur dès l'an prochain.

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