Bernard Arnault met officiellement " La Tribune" en vente

Nous allons vendre "La Tribune", pas la donner ", a annoncé, hier, Bernard Arnault, président de LVMH et propriétaire du quotidien économique, dans une interview accordée au Figaro. Les salariés de La Tribune ont ainsi appris par voie de presse qu'ils étaient officiellement en vente ! Les élus du comité d'entreprise de La Tribune, pourtant réunis encore mardi, n'ont pas eu droit à une telle information. Ils s'interrogent sur un éventuel délit d'entrave. Bernard Arnault a toutefois salué le " bel actif " qu'est La Tribune dans sa " formule bi-média ". Plus étonnant, il a déclaré que, dans cette interview, son groupe était " prêt à rester actionnaire minoritaire " du quotidien " pour montrer son attachement au titre "." Nous serons attentifs à trouver comme acquéreur [de "La Tribune" ] un groupe solide qui s'engagera à faire vivre cette entreprise. Nous avons déjà des marques d'intérêt de la part de groupes sérieux ", a-t-il assuré. À ce jour, seul Vincent Bolloré a officiellement manifesté son intérêt pour La Tribune si celle-ci était mise en vente. La semaine dernière, ce dernier n'avait reçu " ni dossier ni émissaire ". Le groupe Bolloré contrôle le quotidien gratuit Direct Soir, la chaîne de la TNT Direct 8 et dispose d'une participation majoritaire dans le quotidien gratuit Matin Plus. Interrogé sur un éventuel rapprochement entre La Tribune et Les Échos, Bernard Arnault a indiqué au Figaro : " D'après nos analyses, les autorités de la concurrence française nous auraient interdit de fusionner les deux titres. "D'après nos informations, les autorités de la concurrence n'ont pas été consultées sur ce point. La direction de la concurrence (DGCCRF) aurait été approchée, début juin, par LVMH évoquant un projet de rachat des Échos et un projet de vente concomitante de La Tribune. Alors qu'il n'a toujours pas signé le chèque de 240 millions d'euros pour acquérir Les Échos, l'homme le plus riche de France promet d'importants investissements pour son futur quotidien économique. " Le groupe Pearson - actuel propriétaire des "Échos"- n'investissait plus dans "Les Échos". Nous voulons bâtir un groupe dynamique en y apportant d'importants moyens financiers, tant pour le papier que pour Internet, avec des résultats économiques positifs. " Selon lui, " il y a plus de potentiel de développement pour le numéro un du secteur [Les Échos, ndlr] dans un marché français relativement petit ". Des déclarations qui ont choqué les salariés de La Tribune. " Il est prêt à investir des millions d'euros dans "Les Échos"avec, semble-t-il, une vraie stratégie de développement papier et Internet, pourquoi n'a-t-il jamais eu cette attitude avec "La Tribune"? " s'interrogeait hier une salariée.PLURALISME ET PERENNITE Depuis plus de quinze jours que la vente de La Tribune se profile, les salariés du quotidien restent mobilisés pour assurer la pérennité de leur journal et maintenir le pluralisme de la presse. Une fois propriétaire des Échos, LVMH va se retrouver dans la situation de choisir le futur acquéreur de La Tribune. Dans ce contexte, les salariés de La Tribune veulent à tout prix éviter que le choix de Bernard Arnault aboutisse à une disparition du second quotidien économique. La semaine dernière, la ministre de la Culture et de la Communication, Christine Albanel, a indiqué qu'" elle veillerait à ce que ce processus [de vente de La Tribune] se fasse sans affaiblissement de sa situation de concurrence par rapport aux "Échos" ".

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