" Les Échos" ne veulent toujours pas de LVMH

Les salariés des Échos ont vivement dénoncé hier la proposition d'indépendance " en trompe-l'oeil " qui leur a été faite conjointement par l'actionnaire actuel du quotidien Pearson et son éventuel repreneur LVMH. Cependant, les journalistes des Échos ont décidé de ne pas poursuivre la grève entamée mardi, qui avait entraîné la non-parution du quotidien hier. Réunie hier midi en assemblée générale, la rédaction a voté la parution du journal aujourd'hui jeudi à 144 voix pour, 66 contre, 2 nuls et 6 abstentions. La Société des journalistes (SDJ) veut attendre la réponse de Pearson à qui il a été demandé d'ouvrir des négociations sur la création d'un dispositif juridique permettant de " vérita blement " garantir l'indépendance éditoriale de la rédaction. Que le repreneur s'appelle LVMH ou n'importe qui d'autre. Pearson a jusqu'à aujourd'hui midi pour se retourner vers la SDJ. Si, d'ici là, " on n'a aucun signe de leur part, on menace d'une non-parution à nouveau vendredi à l'issue d'une assemblée générale ", a averti hier Antoine Boudet, délégué SNJ. " Depuis le début, LVMH mène la danse et impose son calendrier à Pearson ", a dénoncé également le délégué syndical. En expliquant dans Le Figaro pourquoi il voulait Les Échos et pourquoi il allait céder dans la foulée La Tribune, Bernard Arnault s'est autorisé à rompre le silence demandé par Pearson dans le cadre des négociations exclusives entre les deux groupes." LVMH impose ses règles et ni le groupe de Bernard Arnault ni Pearson n'ont tenu compte de nos propositions ", a dénoncé de nouveau hier matin Vincent de Féligonde, président de la Société des journalistes. " Les administrateurs indépendants ne le seront pas du tout puisqu'ils seront nommés par LVMH ", a-t-il expliqué, récusant les propos de Bernard Arnault dans Le Figaro. Selon le patron de LVMH, la réaction de la rédaction des Échos relève du " procès d'intention ".INSTITUTIONNALISER LES PRESSIONSEn outre, pointe le président de la SDJ, LVMH et Pearson proposent la création d'un " comité des réclamations " auprès duquel les journalistes du titre pourront signaler d'éventuelles pressions, " ce qui revient à institutionnaliser le fait qu'il puisse y avoir des pressions exercées sur les journalistes ", a souligné Vincent de Féligonde.

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