La direction d'EDF vigilante

Au moment où le gouvernement s'apprête à trancher sur le dossier de la fusion Suez-GDF, il ne peut faire l'impasse sur l'avenir d'EDF. Comment préserver les intérêts de son autre champion national tout en donnant son feu vert à la naissance d'un grand acteur dans l'énergie ? Le PDG d'EDF, Pierre Gadonneix, n'a pas manqué de faire savoir qu'il serait vigilant, afin de sauvegarder au mieux les intérêts de son entreprise.Il suit donc avec attention l'évolution du dossier. Il se sent " concerné ", assure-t-on même dans son entourage. Car quelle que soit l'option retenue, elle ne peut manquer d'avoir des répercussions sur EDF.PROBLEMES DE CONCURRENCELa première hypothèse le toucherait de plein fouet : celle d'une fusion entre EDF et Gaz de France. Pierre Gadonneix s'est toujours opposé à tout rapprochement entre les deux entreprises publiques, en soulignant que ce dernier projet se heurterait à " des problèmes d'application des règles de la concurrence ".La seconde, celle d'une fusion entre Suez et GDF, changerait aussi considérablement la donne. Pour la première fois, EDF aurait un concurrent sérieux, présent à la fois dans l'électricité et dans le gaz, doté d'un portefeuille de 10 à 14 millions de clients particuliers en France. La partie serait d'autant plus serrée que EDF est encore très peu présent dans le gaz. Le groupe, qui a prévu d'investir 900 millions d'euros dans de nouvelles capacités gazières, n'est pas en mesure de rivaliser avec GDF.Pas question pour Pierre Gadonneix d'accepter un tel état de fait. C'est pourquoi il a réaffirmé, en début de semaine, son intérêt, en cas de fusion entre Suez et GDF, pour le rachat de certains de leurs actifs dans le gaz. Distrigaz, la filiale de Suez en Belgique, figure en tête de liste. Mais comme ancien gazier, il pense aussi à des contrats d'approvisionnements dont il connaît tout l'intérêt ou des capacités de stockage. Une façon d'envoyer un signal fort au gouvernement en rappelant qu'il serait dommage de renforcer GDF dans l'électricité et de fragiliser EDF dans le gaz en laissant le nouveau groupe procéder à des échanges d'actifs avec les pays voisins, sans que la France puisse en bénéficier. Reste un obstacle de taille : Suez et GDF ne seraient peut-être pas du tout d'accord pour lui céder des actifs, qui lui permettraient de se renforcer.

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