La Deutsche Post, gagnante malgré la fin du monopole

L'Allemagne joue les éclaireurs. C'est le premier grand pays d'Europe dans lequel depuis hier le courrier est totalement ouvert à la concurrence. Le consommateur peut désormais choisir s'il préfère continuer de faire confiance à l'ancien monopole ou s'il succombe aux offres des quelque 750 sociétés de services postaux déjà actives dans la distribution de plis de plus de 50 g, libéralisée depuis deux ans. La moitié du courrier concerne les lettres pesant jusqu'à 50 g. Un marché de 5 milliards d'euros qui représentait à la Deutsche Post jusqu'à présent la majeure partie du bénéfice opérationnel de sa division courrier (2 milliards attendus en 2007). Les experts ne sont plus sûrs toutefois que la libéralisation modifie la situation. La Deutsche Post au contraire pourrait en sortir renforcée.REVIREMENT DES ANALYSTESLe salaire minimum horaire pour les postiers - de 8 euros à l'Est et de 9,8 euros à l'Ouest - entré en vigueur au 1er janvier va réduire les marges de la concurrence. Aujourd'hui, les rivaux de l'ex-monopole paient en moyenne quelque 7,94 euros contre 11,29 euros pour la Poste allemande. Impossible pour eux d'envisager de mettre en place un service universel qui nécessiterait personnel et installation de boîtes aux lettres, donc des investissements lourds. Seuls TNT et Pin en auraient eu les capacités. Mais l'ancien monopole néerlandais ne souhaite pas s'engager pas dans cette voie et on voit mal comment Pin, qui lutte pour sa survie, s'y aventurerait.La concurrence sur le courrier des entreprises et des administrations en revanche va s'aviver. La Deutsche Post a obtenu le droit de définir ses prix pour les clients qui lui remettent plus de 50 enveloppes, même si le régulateur garde un droit de regard. Les experts sont donc persuadés que sa part du marché total (90 % aujourd'hui) ne devrait guère baisser à moyen terme. Pas étonnant que son directeur financier ait annoncé qu'il tablait pour 2008 sur un bénéfice opérationnel de 1,9 milliard d'euros pour sa division courrier, soit un niveau similaire à 2006. Les analystes, qui ont longtemps boudé le titre, ont relevé à la hausse leurs recommandations.

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